| En ce jour du jeudi 3 juillet 2003. Et dire qu'on va le tirer jusqu'après Noël. Je parle de Berlusconi. Il dit qu'il ironise aujourd'hui, quand on parlait de détail hier. Il y a décidément quelque chose qui ne passe pas, lorsque l'on est leader populiste en Europe, avec cette Deuxième guerre mondiale. Et, bien entendu, il y a décidément quelque chose qui ne passe pas, lorsque l'on est leader populiste en Europe, avec ce qu'on appellerait la rhétorique, la controverse, la disputation, le conflit : enfin bref, il y a décidément quelque chose qui ne va pas avec le débat. Ce rêve d'être total, certains le refont aujourd'hui. On dirait que l'histoire n'a pas passé et que l'on n'a pas trouvé sous elle des cadavres. On repart, si l'on ose dire, da capo. La toute puissance appelle l'impunité. L'impunité est la sœur de l'immunité. L'immunité est presque une chose médicale : c'est une immunisation; une manière, donc, de se rendre impropre à la contagion. Cette impropriété est une pureté. La pureté est la marque de l'élu. L'élu naît spontanément à l'innocence. L'innocence est l'état naturel de l'élu. Rien n'est plus étranger à l'élu que la culture. Ce que le gouvernement de George W. Bush entreprend pour l'instant en sanctionnant les pays qui ont refusé de signer avec lui ces accords bilatéraux exemptant tout citoyen américain d'une éventuelle traduction devant la Cour Pénale Internationale est un autre exemple de cette recherche de pureté. |
Littéralement : de cette
quête de l'innocence. Il y a donc bien quelque chose qui se noue
entre l'universel, où se jouerait la culture, et le particulier,
où il ne serait question que de nature. L'on détisse,
ici et là, les trames qui nous rendent communs les uns aux autres.
Nous devenons tous les jours moins égaux. Nous avons pourtant
l'air, autant que faire se peut, de nous en satisfaire. Cet ordre du
monde nous va, comme un vieux veston que l'on aurait déjà
porté. Nous ne nous étonnons même plus de la brièveté
des temps qui portent ces changements. Par exemple, nous ne pourrions
plus dire aujourd'hui, comme au sortir du "Onze septembre",
que "Nous sommes tous des Américains". Cette phrase
ne fonctionne plus. Elle contient désormais une erreur lexicale.
Il y a ces pronoms, "nous" et "tous", devenus parfaitement
insignifiants. Ce "nous tous" pouvait passer, pourtant, pour
un synonyme du mot "démocratie". C'était un
beau mot, le mot "démocratie", il allait bien avec
un autre beau mot, le mot "égalité". On parle
au passé : un temps qui, décidément, ne passe pas.
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