Appel pour la création d'un "comité d'appui" autour de lautresite,
revue de poésie politique.


Nous avons l'habitude de qualifier lautresite de revue de "poésie politique". Pour nous, il s'agit d'une dénomination qui résume assez bien l'esprit dans lequel nous travaillons depuis bientôt quinze ans, lorsque nous imaginions "Opération Villages Roumains" en 1988, puis "Causes Communes" en 1992.
C'était de la poésie politique d'imaginer, dans la Roumanie de Ceausescu, que des communes européennes pourraient handicaper la mise en place du plan de systématisation rurale. Elles furent pourtant 4000 de 14 pays avant que le Mur ne tombe et que le régime soit renversé.
C'était de la poésie politique d'imaginer, dans l'ex-Yougoslavie en guerre, l'établissement, dans neuf municipalités bosniaques, serbes, croates, macédoniennes ou slovènes, "d'ambassades de la démocratie locale" où des villes européennes envoyaient des délégations permanentes afin de favoriser et de sauvegarder les derniers pluralismes à l'œuvre.
C'était de la poésie politique d'imaginer réaliser dans des camps de personnes déplacées une "télévision des réfugiés" mise sur pied et gérée par eux.
C'était de la poésie politique d'imaginer, en Belgique cette fois, de mettre au jour les compétences et les désirs de quartiers et de rues célébrant leurs retrouvailles dans des "Parcours citoyens".
Aussi bien, après la guerre du Kosovo —lors de laquelle nous avons transmis en ondes moyennes et courtes 90 heures d'émission radio bilingue à destination des camps de réfugiés— n'avons-nous été que modérément étonnés que les institutions internationales avec lesquelles nous avions l'habitude de travailler nous signalent que notre "heure était désormais passée" et qu'elles allaient se charger elles-mêmes de ces terrains d'invention pour la découverte desquels nous nous étions battus.
Cela, c'était bien entendu tout le contraire de la poésie politique.

Continuer la recherche d’une rencontre avec le politique reste, après toutes ces années, ce qui nous constitue. Sous le mot politique, nous entendons : chose publique, bien commun, intérêt général, tout ce qui fonde les raisons que nous aurions de vivre ensemble. En même temps, notre relation au politique s'est toujours inscrite dans ce que nous pourrions appeler la transgression, ne considérant pas que les seuls rapports de force étaient à même de faire évoluer les relations civiles.

Cet esprit qui était (re)devenu gênant —et qui fait à nouveau l'objet de frilosités et de craintes — nous avons donc choisi de le reconduire sur d'autres terrains. En 2001, nous choisissions Internet. D'une part, parce qu'il s'agissait de l'instrument le mieux adapté aux conditions de travail d'alors de l'association et, d'autre part, parce qu'il permettait de déplacer formellement notre propos en n'abolissant rien de son sens. Nous avons donc travaillé à mettre en lumière au travers d'explorations sémantiques, d'épuisements d'événements, de correspondances croisées, de carnets de bord, de récits ou d'observatoires, ce que nous entendions par ce terme de "poésie politique", qui n'est rien d'autre, finalement, que de provoquer des accidents dans des systèmes gestionnaires et "fatalitaires".

Il se fait que nous ressentons le besoin, aujourd'hui, de garantir l'existence même de ce projet. C'est pourquoi nous avons imaginé créer, pour cette revue, un "comité d'appui" auquel nous vous proposons de vous associer. Des discussions — qui n'ont, à ce jour, débouché sur rien de concret —ont été engagées, il y a quelque temps, avec les pouvoirs publics. Il n'est peut-être pas trop tard. Si vous souhaitez éviter que lautresite ne doive très bientôt cesser sa parution, nous vous demandons, à votre convenance :

1. D'ajouter votre signature à notre appel (nom, prénom, fonction, adresse)
2. De collecter le soutien de personnes de vos connaissances dont vous pensez qu'elles peuvent "peser" dans le débat culturello-politique que nous menons
3. De nous faire parvenir un texte de soutien de votre main
4. De faire connaître lautresite autour de vous, si ce n'est déjà fait.

Nous vous remercions déjà de votre contribution et de votre solidarité,

L'équipe quotidienne de lautresite
(Paul Hermant, Eric Masquelier, Sébastien François)
courrierlautresite@skynet.be

Ci-dessous, le comité d'appui au 30 juin.

Ahmetaj, Faket, Bruxelles
Arnould, Jean-Maurice, avocat, Ligue des Droits de l'Homme de Mons-Borinage, Mons
Assenmaker, Michel, commissaire d'exposition, sémiologue, théoricien de l'art, professeur, Bruxelles
Bailly, Serge, journaliste, Bruxelles
Barnich Alain, Permanent Centrale Jeunes FGTB Luxembourg
"Si notre société se débarrasse de ses libres penseurs, qu’est ce qui pourrait encore la préserver de ses superviseurs ou tireurs d’élite ?". Voir texte complet, plus bas.
Baron,Stéphanie Genève
Beaufort, Didier, COTA, Bruxelles
Bellahsene, Fanny, chercheur, Jussieu, Paris
"Fous rires, silences, coups de gueule, échange donc. J'ai trouvé dans cet espace la possibilité d'une petite pause où l'on se raconte, "nomme", réfléchit ENSEMBLE , où l'on se livre parfois". Voir texte complet, plus bas.
Berestetsky, Alain, Directeur de la Fondation 93 (Centre de Culture Scientifique
et Technique d'lle de France), Montreuil
Bituur, Esztreym, finno-magyar filolog, expert en propagande perplexe.
Bodart, Jacquy, directeur d'entreprise retraité, Theux
Boissonnade, Marc, Directeur de la programmation de la Fondation 93, Montreuil
Bontems, Anne, Bruxelles
Brouyaux, Antoinette, déléguée Ecolo à la Fédération des verts européens, Bruxelles
Burlet, Alex, CESEP, Nivelles
Callede, Marie, Munich
Carez, Christian photographe, Bruxelles
Chala, Samia, réalisatrice, Paris
Cignola, Francesca, Treviso, Italie
"C'est pour vous dire que j'apprécie votre travail et que j'admire les gens comme
vous. Je vous admire pour la passion que vous mettez dans votre travail et
j'aime votre site, qui offre à son public privilégié une vue autre et
unique sur le monde".

Cochereau, Jeanne, Directrice de communication de la Fondation 93, Montreuil
Coquio, Catherine, Professeur, La Sorbonne, Paris
Cox, Marina, photographe, Bruxelles
Dalla Palma, Pierre, illustrateur, Bruxelles
de Borger, Alain, photographe, professeur Ecole de Recherches Graphiques, Bruxelles
de Crane, Pierre, directeur commercial,Bruxelles
"L'accès à la vie quotidienne qu'offre cette revue de "poésie politique" relève de l'hygiène et de la salubrité publique". Voir texte complet plus bas.
de Stefano, Rosette, sculpteur, Bruxelles
"Nous ne pouvons accepter que les pouvoirs de plus en plus ne tiennent plus
compte des expériences alternatives indispensables à la liberté d'expression...."

Degavre, Anne, graphiste, professeur Ecole de Recherches Graphiques, Bruxelles
Dickgreber, Marc, rédacteur en chef à N24 télévision, Berlin
Drouzy, Fabrice, journaliste à Libération, Paris
Dujardin, Philippe, Mélin
Duvivier Jean Manuel, professeur à l'Ecole Nationale Supérieure des Arts Visuels, La Cambre, Bruxelles
Duys, Pierre, metteur en scène, Antwerpen
Fenaux, Pascal, journaliste (Courrier International, La Revue Nouvelle), Bruxelles
Fontenoy, Frédéric, photographe, Paris
Gandibleu, Marianne, Courcelles
Garnier, Gilles , Conseillé général (PCF) d'Ile-de-France, ancien directeur de cabinet de la Ministre de la Jeunesse et des Sports, Marie-Georges Buffet.
Gheude, Michel, écrivain, Bruxelles
Godart, Catherine, infographiste, Bruxelles
"lautresite point comme ON voudra" ils disaient. Il semblerait qu’ON n’en veut pas. ON a peur ? ON ne veut pas savoir ? Le mONde n’en cessera pas de tourner, non. Mais bon, ON est un cON. Il n’y a pourtant qu’une arme contre la cONnerie, vous qui fréquentez lautresite le savez. Celle-là est faite de curiosité, d’intégrité, d’honnêteté, de recherche, d’assiduité, de courage, de créativité, d’échanges, de patience, ... Pas de place ici pour facilité, simplisme et démagogie. Apparemment pas de place non plus pour financement public (?).Pas de démocratie pourtant sans culture. À l’heure où le service public défaille, où le travail (rémunéré) manque et le temps libre augmente, urgence pour que les espaces et réseaux de savoir (intelligent) fleurissent, afin que les bibliothèques ne brûlent... Ne brûlez pas lautresite, vous brûlez un peu de démocratie".
Grombeer, Philippe, directeur du théâtre de l'Escalier des Doms, Avignon
Guyaux, Olivier, Bruxelles
Isla Villar Pablo, anthropologue, Bruxelles
Jacqmin, Jean-Pierre, journaliste, RTBF, Bruxelles
Jaquemain, Marc, chef de travaux, chargé de cours adjoint, département des sciences université de Liège.
Jocquet, Michel, fonctionnaire, professeur, Bruxelles
Kotek, Joël, professeur à l'ULB, directeur de la Formation au Centre de Documentation Juive Contemporaine - Mémorial de la Shoa, Paris
Kübler, Thierry, réalisateur, Paris
"Et voilà que l'on menace l'un de mes refuges préférés, un petit bout d'Utopia planqué sur la Toile... Merdre, merdre, merdre..."
Lador, Yves, conseiller auprès du CIFEDHOP, Genève
La Grange, Christine, dentiste LSD, Ramillies.
Leclère, Thierry, grand reporter à Télérama, Paris
Lemaire, Myriam
Lemahieu, Thomas, Périphérie.org, Paris
Leroy, Jean-Luc, Bruxelles
" A Bridge surely means more than only an act of building. Above all it is a Way and, often, The way to the Civilization. Maybe not the only one but still too often, for too many of us, the only affordable and possible Path to a fulfilling sense of Life."
Levrat, Nicolas, juriste, professeur à l'ULB et à l'Université de Genève
Meirieu Philippe, Directeur de l'IUFM (institut Universitaire de Formation des Maîtres) de Lyon et ancien directeur de l'INRP (Institut National de la Recherche Pédagogique), Lyon
Mendes France, Tristan, écrivain, réalisateur, Paris
Missistrano, Sabine, présidente de Sifra, association pour le micro-crédit, ancienne présidente de la section francophone belge de la Ligue des Droits de l'homme, Bruxelles
"Je voudrais dire ici combien la mort d'un tel lieu scellerait pour moi, un peu plus, la fin d'un temps. Les mots, usés jusqu'à la corde, ceux des Lumières, ne sont plus que prétexte à des poses cyniques destinées à faire glisser, même les plus résistants, dans une léthargie de plus en plus profonde". Voir le texte complet plus bas.
Molez, Stéphanie, comédienne, Paris
Morgan, Marc, musicien, Huy
Nalpas, Dominique, coordinateur des Parcours citoyens, Bruxelles
Nahoum-Grappe, Véronique, anthropologue, chercheur à 'Ecole des Hautes Études en Sciences sociales, chroniqueuse à France Culture, Paris
Pichon, Lionel, administrateur de la Fondation 93, Montreuil
Pierre, Alain, compositeur, Bruxelles
Pirotte, Gautier, chercheur au Pôle Liégeois d'Etudes sur les Sociétés urbaines en Développement, Université de Liège
Postel-Vinay, Olivier, journaliste, Paris
Quinet, Patrick P., directeur de la communication au ministère de la Communauté française de Belgique, Bruxelles
"Mettons nos repos en péril, inventons quelques pages électroniques distinctes de la masse bavasse et délétère, haranguons nos édiles, colmatons les percées du commerce qui atteint jusqu’à nos neurones et passons à autre chose : lautresite.dujour".
Rey, Jean-Jacques, Tonnay-Charente
Que vois-je ? Des frères et des soeurs en idéal ! ... Adelante ! Rossinante ! Me voilà, j'arrive, flamberge au vent !
Plus sérieusement : "il n'y a rien de plus dangereux, que ces intellectuels déclassés qui n'ont pas la situation qu'ils méritent...", (ainsi parlent les gros pontes, toujours soucieux de maintenir leur suprématie) ; alors vive la liberté de penser, signé un poète et penseur

Rigaud, Christian, réalisateur, Paris
Roumieux, Stéphane, Adhoc solutions, Louvain la Neuve
Saur, Léon, historien, Fléron
Sevrin, Etienne, journaliste, RTBF, Bruxelles
Stassart, Claude, design graphique et typographie, Ensav La Cambre, Bruxelles
Stengers, Isabelle, philosophe, Université Libre de Bruxelles
Stéphane, Robert, Président du Bureau Européen du Cinéma et de la Télévision, Liège
Stoops, Lotte, Borgerhout
"Van lautresite blijf je meer wakker dan een gazet waarmee ze je ('s middags) rond de oren slaan. Com, com, het zal wel niet zo erg zijn...alles comt en gaat. Heeft lautresite wel ooit bestaan? W.H.D.N.G. La disparition de Lautresite est un risque. Est-ce que les Flamands comprendraient encore le surplus de nos amis francophones? Le début du fin, moc, moc..."
Thomisse, David, webmaster, Bruxelles
van der Smissen, Partricia, avocate, Bruxelles
Vander Taelen, Lucas, directeur général Vlaams Audiovisueel Fonds, Brussel
Van Hecke, Michel, citoyen chômeur, Fléron
Van Hove, Bart
Viron, Daniel, chargé de projets à la Fondation 93, Montreuil
Vossen, Dominique, ethnopsychiatre, Bruxelles
Waysand, Georges, chercheur, professeur, Jussieu, Paris
Yzac, Adeline, écrivaine, Montpellier
"Poésie, se livrer, être livre, maintenant, demain, toujours".



Vos contributions parvenues au 30 juin

De Sabine Missistrano

Peut-être ai-je toujours su qu'il faudrait un jour se mobiliser pour cet "objet volant mal identifié". L'heure est venue.

L'excellence est rigoureuse, difficile, rébarbative parfois.
Son intransigeance de forme et de fond rejette toute facilité. C'est que son propos requiert l'exigence et la gravité : il y va toujours de la vie ou de la mort d'une certaine idée de la culture.

Ici la beauté formelle n'est pas gratuite : elle entend servir à convaincre de l'urgence qu'il y a à sauver les valeurs qui depuis un siècle se désagrègent sous nos yeux aveuglés par le rêve un jour rêvé d'une inaccessible étoile.

De la chute des vieux empires à celle des totalitarismes inventés en ces temps nouveaux et glorieux, des guerres et des dictatures sanglantes aux répressions sournoises et larvées engendrant souffrance et révolte, LAUTRESITE tente de nous amener à une humanité vierge, nouvelle, hors de saison.

Je voudrais dire ici combien la mort d'un tel lieu scellerait pour moi, un peu plus, la fin d'un temps. Les mots, usés jusqu'à la corde, ceux des Lumières, ne sont plus que prétexte à des poses cyniques destinées à faire glisser, même les plus résistants, dans une léthargie de plus en plus profonde.

Il reste quelques esprits éveillés qui voient et veulent témoigner de l'inanité des belles paroles, du poids de l'histoire et des hypocrisies et réminiscences ambiantes. Leur lucidité est indispensable. Les professeurs, en mal d'imagination quant à leur fonction, pourraient fort utilement ouvrir les ordinateurs qui sont là, à disposition, et trouver dans ce site, matière à pédagogie. A son plus haut niveau, l'apprentissage d'une citoyenneté peut se faire là, sur ce site, riche en thèmes de réflexion, de conscience, de mémoire et par là même du souffle de la liberté.

Si les Ligues des Droits de l'Homme, les Amnesty International, les Mrax et autres Human Rights Watch ont un sens auquel nous nous accrochons désespérément, LAUTRESITE complète par sa poésie poétique leur approche formelle et rigoriste.

Je souhaite que ce témoignage, cet appui chaleureux, fraternel et admiratif aux personnes qui le conçoivent et le réalisent chaque jour, rende plus évident le travail indispensable qui s'accomplit ici pour chacun d'entre nous.
Quant à son esprit, ce travail est ancien, son utilité est déjà capitale pour des centaines d'humains qu'il a touché, ici et ailleurs. Quant à son véhicule d'expression, l'Internet, il est actuel et sa modernité devrait être l'objet d'une réflexion pour des usages nouveaux à partir d'une fierté partagée.

Ne pas le savoir, ne pas le comprendre, ne pas le reconnaître en lui permettant de trouver au sein de notre société la place qui lui revient serait un manquement grave à ce que d'aucuns proclament : "leur soutien indéfectible aux Droits de l'Homme et à la Démocratie". Le Tout avec des Majuscules, bien entendu…..

Je veux ici faire confiance, au-delà du cynisme qui enrobe ce jour tout acte et toute parole, à la part d'intelligence et de sincérité vivante qui sommeille et qui n'ignore pas les dérives tragiques que nous craignons tous.

Et pourquoi pas organiser une Table Ronde avec des enseignants (de morale, d'histoire, de langue française aussi car on ne souligne pas assez le poids des mots et de leur agencement) sur l'utilisation en Communauté Française de Belgique de ce site exceptionnel.



De Pierre-A de Crane

Bonjour,

Passager attentif de lautresite depuis son lancement, il me parait d'évidence vitale que son existence fasse beaucoup plus que se poursuivre.

L'accès à la vie quotidienne qu'offre cette revue de "poésie politique" relève de l'hygiène et de la salubrité publique.

En ces temps d'interludes électorales où nos éminences jouent à la chaise musicale avec la démocratie, il est indispensable que des veilleurs tels que lautresite nous rappellent au désordre.


De Alain Barnich

En tant que Centrale Jeunes FGTB Luxembourg, forte d’environ 6000 membres âgés entre 12 et 35 ans nous vous soutenons dans cette démarche de survie.
Survie d’un mode de pensée, libre de tout dogme, une pierre à l’édifice d’un monde meilleur.
Poésie politique, songe d’une nuit d’été, rêve de liberté, liberté bafouée si ce site disparaissait.
Le terme est fort, oui mais la liberté d’expression et la liberté culturelle sont 2 choses plus fortes encore.
Découvrir le monde dans son intimité, dans ses cultures, ses traditions, n’est-ce pas le premier pas à faire contre toute forme de ségrégation.

Parler et en parler nous fera sans cesse penser à ces phrases de Kipling

« Si tu sais méditer, observer et connaître,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur,
Rêver, mais sans laisser ton rêve devenir ton maître,
Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu peux être bon, si tu sais être sage,
Sans être moral ni pédant »
Tu seras un homme, mon fils.


Si notre société se débarrasse de ses libres penseurs, qu’est ce qui pourrait encore la préserver de ses superviseurs ou tireurs d’élite.
Nous pourrions aisément en appeler à un vieux geste camarade modernisable.

Debout les damnés de la terre, debout les forçats de la faim à vos mails et assourdissez les affameurs.


De Tristan Mendes France

" A l'heure où les crises internationales refaçonnent le monde, il est
primordial qu'un site comme celui-ci, véritable laboratoire d'idées, de
concepts, carrefour de connaissance, puisse subsister. Plus que jamais,
alors que l'obscurantisme se répand, un lieu de liberté,
d'expérimentations, doit pouvoir exister et tracer d'autres chemins.
Ce lieu est celui de Lautresite que tous citoyens engagés devraient
défendre."


De Fanny Bellahsène


Je suis Algérienne et je réside en France depuis quinze ans. Lautresite reste pour moi la possibilité d'un échange avec cet autre, étranger, européen. Fous rires, silences, coups de gueule, échange donc. J'ai trouvé dans cet espace la possibilité d'une petite pause où l'on se raconte, "nomme", réfléchit ENSEMBLE, où l'on se livre parfois. Et, dans cet anonymat particulier à cette grande métropole dans laquelle je vis, j'ai pu donner un point de vue, participer à un débat politique qui me concerne ou du moins pour lequel, j'ai pu ici, me sentir concernée. Après quinze ans, je n'ai pu trouver, ici, là où je vis, d'espace qui m'ait donné la parole.
Illusion que tout cela ? Mais l'illusion n'est-ce pas là l'essence même de ce qui nous fait vivre ensemble, avancer ?
Merci donc à Lautresite de m'avoir donné la parole et de m'avoir fait rencontrer un ensemble de poètes. Tous baignés d'un réalisme aigu si tant est que cela est possible et ça l'est.
Pour ma part, dans ce quotidien que je vis, je n'aurai pas pu les rencontrer. Surtout restez là, ça me rassure car vous me tenez en éveil, en vie quoi !

De Patrick Quinet


Il est une aire de repos sur les autoroutes de l’information, où les services disponibles, l’esprit dans lequel ils sont rendus et les prix pratiqués méritent la halte; où le repos est le seul escompte et l’itinéraire à venir dynamisé.

Lautresite.com est cette aire.
Je l’emprunte quotidiennement, parfois halte brève, le temps d’y lire une prose rafraîchissante comme une boisson énergisante, parfois halte longue, le temps d’explorer tel recoin, de relire telle tranche d’histoire.
Parfois, aussi, je m’arrêterais entièrement comme rendu au bout de ma route.
Pourtant je repars à chaque fois.

J’y ai mes habitudes parce que j’aime y distinguer ce qui fait, pour moi, sens et abondance de sens. De la vente Breton (la rente béton) aux us anversois, de l’osage orange à ces carnets retrouvés depuis lesquels une âme perdue nous a narré son petit calvaire; et le nôtre à ce souvenir.
J’y ai mes habitudes parce que je m’y sens invité. Ce qui, à l’aune du commerce électronique et des transactions virtuelles vous a un côté épicerie de quartier dans laquelle il est plus question de quartier et d’âmes que d’épicerie et d’arrhes.
Son coin bibliothèque publique, son iconographie : une aire de vrai repos. Avec une prétention à la compétence universelle qui nous est chère, Belges que nous sommes en attendant d’être européens. Ou incompétents.

Ce repos, je l’apprends, est menacé.
Comme si tous nos repos ne l’étaient pas !
Tendons nos arcs qui hier s’appelaient solidarité.
Lançons nos lignes dans les eaux troubles de la pensée unifiée.
Qui sait ? Fourbissons l’arme de nos intelligences, oui, souvenons-nous, cette fonction qui permettait de relier les choses entre elles. Cette fonction que les nouveaux modèles promis aux marchés de l’humanité semblent privilégier moins que ce bon vieux struggle for life qui refait surface.

Mettons nos repos en péril, inventons quelques pages électroniques distinctes de la masse bavasse et délétère, haranguons nos édiles, colmatons les percées du commerce qui atteint jusqu’à nos neurones et passons à autre chose : lautresite.dujour

P.Quinet, lecteur, contributeur, associé et directeur de la communication au ministère de la communauté française de Belgique.

De Rosette de Stefano

Nous ne pouvons accepter que les pouvoirs, de plus en plus, ne tiennent plus compte des expériences alternatives indispensables à la liberté d'expression.... Depuis quinze années Causes Communes se bat pour son existence, que font nos responsables politique face aux jeunes qui s'engagent dans des projets....Création d'emplois crient-ils : telle est leur
préoccupation principale nous disent-ils. Ne faut-il pas tout d'abord sauvegarder ceux existants et qui de plus on fait leurs preuves ? Nous ne pouvons accepter que d'autres formes de création digne d'intérêt ne soient étouffées ....

Rosette de Stefano, Sculpteur


De Jean-Luc Leroy

" A Bridge surely means more than only an act of building. Above all it is a Way and, often, The way to the Civilization. Maybe not the only one but still too often, for too many of us, the only affordable and possible Path to a fulfilling sense of Life.
First of all this human bridge can link the Men and the Minds together. Therefore it will always remain our best ability to make us discover the rest of the World but also to let it come to us. "
Sir Alistair Mc Elroy 11th Chief of Clanchattan "Building Roy Bridge" 1728 (1)
"Un Pont signifie certainement beaucoup plus qu'une simple construction. Par-dessus tout, c'est un Chemin (une voie) et souvent LE chemin vers la Civilisation. Peut-être pas le seul mais toujours trop souvent, pour trop d'entre nous, le seul Chemin possible et supportable vers une Vie épanouissante. Avant tout, ce pont humain peut (re)lier les Hommes et les Esprits. Par conséquent, il restera toujours notre meilleure capacité (aptitude) à nous faire découvrir le reste du Monde mais aussi à le laisser venir à nous." (1)
Pour moi, lautresite est aussi un "pont", un "sentier", un "chemin de traverse". Lautresite m'apporte du sens, enfin un certain sens de tout et de rien, que je ne (re)trouve pas ou plus ailleurs. Comme mon lointain ancêtre, il m'importe de pouvoir découvrir et m'ouvrir au monde; de pouvoir sortir des sentiers battus ou balisés en sens "inique" par d'autres qui veulent encore et toujours tout contingenter. J'ai trouvé un peu, beaucoup, à la folie... de ce que je cherch(ais)e dans ou grâce à Lautresite. J'y ai surtout mieux appris ce qui fait lien entre citoyens, le partage des savoirs, surtout ceux qu'on ne sait pas ou qu'on ne souhaite pas qu'on sache ou qu'on se rappelle. J'y ai trouvé la forme virtuelle de ce que nous sommes nombreux à rêver : une expression réelle de la "poésie politique". J'en remercie lautresite et son équipe. Il serait vraiment moche, mesquin et stupide de la part d'autres dragons de vouloir crucifier vivant lautresite sur l'écran des machines... lautresite a encore beaucoup à apporter à ceux qui ne se contentent pas des œillères qu'on leur inflige.
Jean-Luc Leroy
(1) Ce texte est un extrait de la retranscription de son discours au Conseil des Clans locaux (Highlands) plaidant en faveur de la construction d'un pont près de Loch Roy. Ce fut un des premiers et donc des plus anciens ponts en pierre de la région (toujours vaillant aujourd'hui) permettant aux habitants locaux de sortir de leur isolement. La ville la plus proche se trouvant à plus de 30 km, Roy Bridge (c'est devenu le nom du village), avant ce pont, restait isolé tant au Nord-Est (chaîne de montagnes) qu'au Sud-Ouest (succession de lochs et de rivières, peu navigables). Ces Highlanders étaient très pauvres mais paradoxalement, pour l'époque et le lieu, pas illettrés. Alistair, vieux chef de clan respecté (sans pouvoir local car petit seigneur même pas noble et pauvre) avait été envoyé par son père chez les moines qui lui avaient enseigné à lire et à écrire, voire même à calligraphier. Pendant près de 45 ans, il a volontairement improvisé et joué le rôle de l'instituteur local, transmettant ce qu'il avait appris et surtout la découverte de la lecture et des livres... qui restaient très rares et difficiles à se procurer. Alistair a courageusement conduit son clan à la bataille de Culloden, véritable boucherie qui mit un terme pour longtemps à l'indépendance de l'Ecosse, à sa culture et ses coutumes. Blessé à la fin du combat, il fut crucifié vivant sur la porte d'une grange par des dragons anglais afin de servir "d'exemple"...

De Thierry Kubler

J'ai rencontré Éric et Paul, en Slovénie, dans un camp de réfugiés qui rassemblait pas mal de nationalités de ce que l'on commençait à appeler ''l'ex-Yougoslavie". Toutes les ONG apportaient des barres chocolatées et du lait vitaminé aux réfugiés, eux leur donnait les moyens de monter une télévision pour prendre en main leur information. Ça donne une petite idée de qui sont ces deux-là. Avant, ils avaient agrégé suffisamment de grains de sable (4000 grains de sable, 4000 communes européennes) pour enrayer l'opération de "systématisation" des villages roumains du triste sire Ceausescu. Après, ils ont monté des "ambassades de la démocratie locales" en "ex-Yougoslavie". Et une radio bilingue, et, évidemment, j'en passe.

Puis, en 2001, ils ont lancé une "revue de poésie politique" sur Internet, un petit bout de Toile baptisé lautresite.com. Un bout de toile où souffle un vent qui me porte toujours dans de salutaires ailleurs. Un lieu où ma conscience s'est toujours pris de beaux électrochocs : avec une vidéo, trois vers fulgurants, des photos au relief d'émotion, lautresite te raconte l'histoire du fil de fer barbelé. Quelle drôle d'idée ! Il t'emmène dans l'Ouest américain et tu comprends ce que cela a à voir avec la propriété et le capitalisme, avant qu'il ne t'emmène découvrir la préfiguration des camps de la mort. Vers 1700, un sacré moine, le Père Leibniz inventait le concept de "monade" : de petits morceaux de monde qui contiennent le monde entier - comme si chacune des milliards de gouttes d'eau d'un lac exprimait tout ce qu'est le lac. Tout cela pour dire que c'est plein de monades, lautresite.

Le fil de fer barbelé, ce n'est qu'un exemple : il faut aussi évoquer l'Observatoire de veille sur les populismes en Europe, les billets quotidiens, les dialogues qui se tissent, la visite des lieux où se fabriqua l'Histoire et leur mise en perspective photographique. Je fréquente ce site depuis sa création et je n'ai pas fini de me perdre dans ses capharnaüms. Et, la vache, lautresite m'instille à chaque visite une curiosité que je n'avais pas. Le même plaisir que de flâner dans une encyclopédie. Mais une encyclopédie avec des sons, des images animées. Surtout, une encyclopédie qui t'attraperait du côté de l'émotion pour t'amener à la réflexion. Cela s'appelle Internet quand Internet est réussi : avec lautresite, je suis ballotté, captif et captivé, dans un monde grand ouvert sur le monde.

Ça m'a bouffé de précieuses heures de sommeil ces surfs hors du temps sur lautresite. Des fois, je m'interdis d'y aller, comme l'on s'interdit de se coucher avec un polar passionnant quand on doit se lever tôt et que l'on sait ne pas avoir le courage d'éteindre la lumière avant de se réveiller endormi sur le livre. Parfois, je reste un bout de temps sans y aller sur ce bout de Toile, mais je sais qu'il existe ; que bientôt je pourrai m'y évader. C'est de l'ordre de l'hygiène intellectuelle, de la salubrité émotionnelle.
Et que l'on me pardonne toute cette emphase, mais c'est Don Quichotte sur Internet et voilà que de fameux "bailleurs de fonds" veulent supprimer les quelques picotins qui nourrissaient, vaille que vaille, la mule et le bourrin. Alors : non !
Des fois, des gens meurent; des fois, on y peut rien : ça s'appelle la vie. Mais quand ce qu'il y a de détestable dans la vie (l'indifférence, l'égoïsme, le cynisme - orchestré par l'argent et pour l'argent) flingue à bout portant ce qui fait la vie (la curiosité, la sensibilité, le désir de comprendre), ça appelle l'envie de gueuler et le devoir de le faire.


De Christian Rigaud

Que dire de lautresite ? Qu'il m'est devenu en quelque sorte indispensable, qu'il est très beau, qu'il est grave, qu'il est drôle, qu'il est utile, qu'il est vif, qu'il est rare. Un nécessaire et salutaire esprit critique sur la grande toile, un questionnement permanent, un refus d'acquiescer sans penser, lautresite me surprend chaque jour, car la pensée n'y est pas enfermée, labellisée, étiquetée.

Ici, pas de mots d'ordre, de pose, de posture, mais un regard aigu et toujours vivant. Un regard curieux, chaque jour recommencé sur le monde et sur nous-mêmes. Loin du cynisme, un sentier ouvert, original, qui découvre des perspectives, puis d'autres, puis d'autres. Humaines, profondément humaines, toujours. Mais sans se prendre au sérieux, jamais.
Non, je ne veux pas qu'il disparaisse, et je veux longtemps, longtemps m'amuser de son .com.

Christian Rigaud, Réalisateur, Paris.

De Michel Van Hecke

Longtemps, longtemps, longtemps après que la poésie politique ait disparu.

16 janvier 2008

Mes mains se remettent à trembler. J’ai beau repasser une fois de plus, le CD Rom de lautresite (j’en connais le contenu par cœur de l’origine à ce jour funeste de septembre 2003), rien n’y fait. Le manque se fait sentir de manière de plus en plus aiguë.

18 janvier 2008

Je ne dors plus que par à-coups. Mon corps est en sueur. Mes mains tremblent sans arrêt.

21 janvier 2008

Le médecin que j’ai consulté a diagnostiqué une dépendance profonde à la liberté de pensée. Il me suggère de partir à la recherche de sites ressemblant à lautresite pour pallier l’effet de manque.

21 janvier 2008, 22 heures

J’ai surfé comme un fou et n’ai trouvé que des images de pipes (pas celle de Magritte ni de Simenon) ou des vagins en manque de monologues. En sus, marre de ce leitmotiv : qui apparaît sur chaque page : « Si vous désirez pénétrer ce site plus profondément, insérez votre carte d’identité dans l’ordinateur, vous serez débité automatiquement sur votre compte bancaire globalisé ».
Demain, j’essaierai la France.

22 janvier 2008, 7 heures

Malgré les antidépresseurs, mes mains continuent leur danse de Saint-Guy. Les suées sont désormais permanentes. Il faut absolument que je trouve.

22 janvier 2008, 19 heures

Comme un con, j’ai cherché les sites de « Libération » et « Le Monde » mais, depuis que Sarko est président, seuls deux quotidiens sont autorisés : le « Journal officiel » et « France d’en haut ». Dans l’Hexagone, désormais, on élève le haut et on enlève le débat. Toute pensée unique est forcément une pensée inique mais qui s'en soucie encore ?

24 janvier 2008

Je suis à bout. J’ai fait tous les sites de la planète et n’ai rien trouvé qui ressemble de près ou de loin à lautresite (mais alors rien de chez rien).

25 janvier 2008

Depuis que les coalisés Vlaams Blok du gouvernement V3 ont interdit toute édition, diffusion ou propagation des chansons de Brel, seuls les intoxiqués libertaires profonds – comme moi - peuvent obtenir une dérogation d’écoute sur avis médical.
Je l’ai obtenue non sans mal !
Pour calmer ma tremblote je savoure son « Jaurès » et là, en songeant à certains irresponsables politiques de l’époque, une question lancinante s’impose à moi...

Pourquoi ont-ils tué lautresite ?

Michel Van Hecke, Citoyen chômeur, Fléron