Lautresite, le jour, 23 juin 03




Carnets


d'une


occupation




Nicole est enseignante retraitée, elle milite dans le comité qui, il y a quelques jours, a décidé de soutenir la grève de la faim que des demandeurs d'asile Iraniens déboutés ont entamée dans une église du centre-ville de Bruxelles. Tous les jours, nous suivrons Nicole Mazy, une personne ordinaire qui a décidé de se mêler, comme d'autres le font à Calais par exemple, de "ce qui ne la regarde pas". Parole donc au comité.

Aujourd'hui, le récit du vendredi 20 juin quand se termina la grève de la faim.

 




Episode 5 et fin


Vendredi a vibré dans la sphère émotionnelle de chaque participant à la manifestation. La communauté iranienne a le sens vif et indiscutable de la solidarité. La marche ensemble le long des boulevards réveille et fortifie le sentiment que chacun est relié à l'autre.

L'aboutissement de la manifestation devant l'église des Minimes est un moment intense. Les grévistes de la faim sont là, très affaiblis. Ils nous attendent. C'est la langue des gestes et des regards qui parle : les bras se lèvent, les mains se joignent. Cette grappe dressée dit que leur commune volonté a rencontré l'espérance qui fait bouger les montagnes. Les visages sont épuisés et certains pleurent. Oui, on réaffirme que la porte de l'asile doit s'ouvrir car les histoires douloureuses sont vraies. Minutes de recueillement : un Iranien lit un poème. Chez ce peuple, la poésie est une pratique vivante qui n'est pas réservée à un public restreint.