Lautresite, le jour, 19 juin 03


Wilfried Martens IV

18/05/80 22/10/80, coalition CVP/PSC - SP/PS




"que la rentabilité des entreprises soit rétablie et que la progression des revenus soit modérée"




"Notre pays connaît une situation économique et sociale difficile dans un environnement international déprimé et instable. Si des mesures énergiques de redressement ne viennent pas rapidement s'ajouter aux actions déjà entreprises, c'est la population tout entière qui subira les conséquences de la crise et c'est son avenir qui sera dangereusement menacé. Le gouvernement se présente donc aujourd'hui devant vous avec un plan de redressement économique et social d'ensemble. (...) Ce redressement va requérir l'adhésion et la collaboration de toute la population. C'est la raison pour laquelle la concertation sociale se poursuivra. Le gouvernement y soumettra une série de propositions-clefs de son plan de redressement, portant notamment sur la promotion de l'emploi, la modération des revenus et l'assainissement financier de la sécurité sociale. Vu l'importance de l'enjeu, le gouvernement envisage qu'une Conférence nationale du travail extraordinaire constitue l'aboutissement de cette concertation sociale. (...) Sous peine de voir le niveau de vie de notre population se détériorer peu à peu, nous devons réaliser un vaste programme d'investissement pour économiser l'énergie et rénover notre outil industriel. (...) Ceci suppose que l'assainissement des finances publiques soit résolument poursuivi, que la rentabilité des entreprises soit rétablie et que la progression des revenus soit modérée. (...) Le point le plus important du plan de redressement concerne la politique de l'emploi. Les différentes politiques, notamment en matière industrielle, énergique, agricole et de promotion des exportations, doivent contribuer à améliorer globalement l'emploi. (...) Enfin, le souci de promouvoir les emplois nouveaux et de freiner la diminution des emplois existants a conduit le gouvernement à proposer l'introduction d'une modération réelle des revenus dans tous les secteurs. (...) Il s'agit de préparer l'avenir en affectant plus de ressources à l'investissement productif, seul capable d'asseoir la croissance future sur des bases solides et en particulier d'engendrer la création d'emplois durables.



La politique industrielle joue, elle aussi, un rôle éminent : elle doit assurer qu'à terme les résultats de la modération des revenus et la discipline budgétaire seront utilisés pour la reconversion et la rénovation industrielles, porteuses d'emplois nouveaux. (...) La politique de l'énergie est appelée à jouer un rôle important en réduisant notre facture énergétique et en allégeant ainsi la contrainte qui pèse sur notre balance des paiements. (...) La réforme de la sécurité sociale est aussi un élément essentiel du plan de redressement. Le gouvernement confirme toutes les mesures en faveur des plus défavorisés. (...) les efforts en faveur des handicapés seront poursuivis. Le système d'indexation des prestations sociales sur l'indice des prix à la consommation est confirmé. Le plan propose aussi le redressement financier dans les domaines du chômage, des pensions, de l'assurance maladie-invalidité, ainsi que du statut social des indépendants. (...) Le plan de redressement, malgré les sacrifices temporaires qu'il requiert de la population, n'est en aucune manière l'amorce d'une régression sociale. Au contraire, il s'inspire avant tout du souci de rétablir le progrès social sur des bases économiques solides. Ces bases sont aussi le fondement indispensable d'une politique de bien-être. Dans le domaine de l'enseignement, le gouvernement donnera, dans un délai d'un mois, son approbation définitive à tous les projets d'exécution des accords conclus en juillet dernier au sein de la Commission du Pacte scolaire. Dans le nouveau cadre institutionnel mis en place par la réforme de l'État, qui sera poursuivie par la constitution prioritaire des administrations régionales et communautaires, la plupart des matières qui touchent directement au bien-être des citoyens sont de la compétence des autorités régionales et communautaires. (...) Il en découle que les exécutifs en sont seuls responsables devant leurs conseils respectifs et que le gouvernement national ne peut en assumer la responsabilité devant le Parlement national.