Lautresite, le jour, 19 juin 03
 


 

En ce jour du jeudi 19 juin 2003. Tiens, on a mis au jour un charnier en Bosnie. On y a compté 232 squelettes. Il se trouve à Vlasenica et les corps seraient ceux de gens détenus au camp, tout proche, de Susica. On connaît le nom du bourreau. Dragan Nikolic est originaire de Vlasenica (33.817 habitants dont 55% de musulmans avant la guerre) et porte un petit sobriquet, Jenki. Il est né le 26 avril 1957 et travaillait à l’usine locale d’aluminium Alpro. Le camp de Susica se trouvait à environ un kilomètre de Vlasenica, dans un complexe militaire qui avait auparavant servi de magasin de matériel militaire. Le camp comportait deux bâtiments principaux : un entrepôt, ou hangar, de 50 mètres sur 30, où les détenus étaient incarcérés, et un deuxième bâtiment plus petit, dans lequel étaient entreposés les uniformes et le matériel. Il y avait également une petite maison où les gardiens et le commandant du camp interrogeaient les prisonniers à leur arrivée. Quand il y avait de la nourriture, dans ce camp, elle était souvent avariée. Et puis, il n'y avait pas de literie, pas de douches, pas de soins médicaux. Il y avait un endroit dans le hangar qu'on appelait "le coin des punitions". Il y avait aussi une petite maison en dehors du camp où se déroulaient les viols. Entre mai et octobre 1992, 8000 Bosniaques musulmans et d'autres personnes, non Serbes, furent emprisonnés à Susica, qui était l'un des 28 camps de détention serbes répartis sur le territoire de l'ex-Yougoslavie. Il se peut que dans ce charnier, l'on retrouve aussi des noms. Je vous en cite quelques-uns : Asim Zildzic, Durmo Handzic, Rasid Ferhatbegovic, Muharem Kolarevic, Dzevad Saric, Ibrahim Zekic, Ismet Dedic, Mevludin Hatunic, Galib Music.

La plupart de ces noms n'ont pas survécu à la torture. D'autres, parmi ces noms, ont été abattus. Les exécutions se seraient produites entre le 13 et le 24 juin 1992, c'est donc un peu leur anniversaire. Tous ces noms-là avaient croisé Dragan Nikolic à Vlasenica : peut-être avaient-ils bu un coup avec lui, ou peut-être travaillé dans la même usine ou alors peut-être même lui avaient-ils serré la main, félicité pour quelque chose, embrassé même, peut-être. Peut-être quand ils le croisaient dans la rue, peut-être l'interpellaient-ils comme ça : "Hé, Jenki, kakosi ? ". Et peut-être même qu'il répondait aussi : "Sta ima novo ?". Peut-être que ça allait comme ça, peut-être que ça se passait comme je dis. Dragan Nikolic est détenu à La Haye. Il doit répondre à plus de 80 chefs d'inculpation. Le 28 juillet 2000 se déroulait la deuxième séance de son procès. M. O'Sullivan: J'ai rencontré mon client un peu avant l'audience. Il a des problèmes dentaires, mais il reçoit des soins actuellement au quartier pénitentiaire. Il a mal au niveau de la mâchoire inférieure, au niveau des dents. Cela l'empêche de manger normalement et il souhaite recevoir les soins appropriés. Le Président : Oui, mais vous nous dites qu'il reçoit des soins. M. O'Sullivan : Oui, il reçoit ces soins par le biais d'une infirmière qui communique les informations à un dentiste, mais il n'en pas encore vu de dentiste en personne et il espère que si ces problèmes se poursuivent, il recevra la visite d'un dentiste. Tiens, on a mis au jour un charnier en Bosnie.