Lautresite, le jour, 18 juin 03
 

Ce que nous appelons lautresuite,
c'est ce que l'actualité
produit chaque jour de faits et d'événements
en lien avec l'exploration du mot "préfabriqué"
que nous menons depuis novembre 2001.

   

Lautresuite 18.06.03 (1) Le port de Zeebrugge (Belgique) est désormais muni d'un nouveau dispositif de détection des clandestins. Prêté par l'Office britannique de l'immigration, ce nouvel appareil, le PMMW, permet de détecter les illégaux dissimulés dans des poids lourds en analysant les contrastes de température dans la cargaison. Ce système pourra passer au crible jusqu'à cent quatre-vingt camions par heure.



Lautresuite 18.06.03 (2) Dans la nuit de dimanche à lundi, cinquante Chinois, non admis sur le territoire français, ont été expulsés vers Hongkong par un vol Air France. Ils étaient encadrés, comme de coutume, par un fort contingent policier, 75 au total.



Lautresuite 18.06.03 (3) La police de Bruxelles a démantelé un atelier clandestin de confection situé rue de Moorslede à Saint-Josse. Deux travailleurs en séjour illégal y ont été interpellés. Les locaux dans lesquels travaillaient les ouvriers illégaux n'étaient pas conformes aux normes du règlement général sur la protection du travail.


  Lautresuite 18.06.03 (4) Dimanche, une quarantaine de sans papiers ont entamé l'occupation de l'ancienne ambassade de Somalie, hôtel de maître inoccupé du seizième arrondissement de Paris. L'action était organisée par l'association "Droit devant!!". Son président, Jean-Claude Amara, a justifié l'opération par l'examen prochain du projet de loi Sarkozy sur l'immigration par l'Assemblée nationale. Texte qui, selon lui, "va accroître la chasse aux étrangers, tout en stigmatisant ceux qui le aident". Les illégaux se sont engagés à quitter l'immeuble dès que l'État somalien viendrait à renaître. Ce qui fut fait plus vite que prévu, un ambassadeur venant réclamer dans l'heure la restitution des lieux que les occupants ont alors quittés.

Lautresuite 18.06.03 (5)
Umberto Bossi, président de la Ligue du Nord et ministre du gouvernement Berlusconi, a réclamé l'adoption de mesures radicales pour lutter contre l'immigration clandestine. Dans une interview donnée au quotidien "Corriere della Sera", Bossi déclara que "les clandestins doivent êtres chassés par les bonnes ou par les mauvaises manières. Il arrive un moment où il faut user de la force. La marine et les Finances doivent s'unir dans la défense de nos côtes et utiliser le canon". Ces propos ont suscité une vague de réprobation et mis mal à l'aise l'Italie, alors que le pays doit prendre la présidence de l'Union européenne, le premier juillet prochain.
  Lautresuite 18.06.03 (6) Depuis le six juin dernier, seize demandeurs d'asile d'origine iranienne, mènent une grève de la faim dans l'église des Minimes à Bruxelles. Installés en Belgique depuis deux ou trois ans, ces personnes se sont peu à peu intégrées et certaines y auraient des enfants scolarisés. Pour le Ciré (Coordination et initiatives pour réfugiés et étrangers), la situation de ces sans papiers souligne les dysfonctionnements de la politique d'asile en Belgique. L'association critique, en particulier, la manière dont les autorités évaluent la situation en Iran et la durée d'instruction des dossiers. Certains déboutés ont dû attendre plusieurs années avant de savoir qu'ils devaient quitter le territoire. La visite, jeudi dernier, de Pascal Smet, le commissaire général aux réfugiés, n'a pas eu l'effet escompté. Déclarant d'entrée "je ne suis pas venu pour vous convaincre ni pour me justifier, juste pour vous expliquer ce qu'est la politique d'asile en Belgique", Pascal Smet a poursuivi en assurant que chaque dossier "avait été traité individuellement, avec précision, sans préjugé et de façon indépendante" et que toute ces demandes avaient été rejetées par la Commission permanente de recours des réfugiés. Pour le commissaire, il n'y a aucun doute, ces personnes ne risquent rien dans leur pays, elles utilisent la procédure d'asile pour de simple motifs d'immigration et, de plus, la majorité des documents présentés étaient faux ou falsifiés. Il a enfin invité les grévistes à se tourner vers l'Organisation internationale pour les migrations afin d'envisager leur retour volontaire
en Iran, financé par la Belgique.