Lautresite, le jour, 18 juin 03

 



Certains ont fui avec leur famille. C'est inestimable d'avoir cette cellule intacte autour d'eux. Beaucoup sont seuls sur notre sol. D'environ 30, 35 ans, l'un des leurs, intraitable pour défendre leurs droits et qui se bat avec l'énergie du désespoir s'est mis à pleurer en me montrant la photo de ses deux petits enfants restés en Iran et qu'il n'a plus vus depuis deux ans. Je n'ai pas osé lui demander s'il téléphonait parfois à sa famille. Je sais qu'ils craignent qu'un appel puisse être localisé par les services d'écoute de la police iranienne et mettre en péril la sécurité de leurs proches.
Je regrette de les nommer en recourant aux prénoms indéfinis, mais il importe de les protéger. Depuis leur installation aux Minimes, ils ont reçu des menaces à trois reprises. À cela s'ajoute qu'une nuit, (constat a été dressé par la police) vers 23h30, de violents bruits ont ébranlé l'église déclenchant l'alarme. La cause n'a pu être éclaircie. Il n'est pas impossible, c'est ma propre opinion, qu'on cherche à leur faire peur et à miner leur résistance nerveuse. C'est palpable, ils se sentent menacés. Entamer une grève de la faim est un geste politique fort.
Demain, je vous parlerai du Père Van der Biest, vraiment le père des quatorze demandeurs d'asile. Vous, les lecteurs, j'espère vous voir, vendredi 20 juin pour manifester avec nous devant le Commissariat Général aux réfugiés, boulevard Albert II, à onze heures.



Nicole Mazy
Comité de soutien aux quatorze demandeurs d'asile iraniens.