Lautresite, le jour, 18 juin 03




Carnets


d'une


occupation




Nicole est enseignante retraitée, elle milite dans le comité qui, il y a quelques jours, a décidé de soutenir la grève de la faim que des demandeurs d'asile Iraniens déboutés ont entamée dans une église du centre-ville de Bruxelles. Tous les jours, nous suivrons Nicole Mazy, une personne ordinaire qui a décidé de se mêler, comme d'autres le font à Calais par exemple, de "ce qui ne la regarde pas". Parole donc au comité.

Aujourd'hui, le récit du mardi 17 juin, 12ème jour de grève de la faim.

 




Episode 2

Comment vont-ils?

Physiquement, ils ont des hauts et des bas. Des douleurs musculaires généralisées et constantes apparaissent. Fin de la première semaine de grève de la faim, le médecin a insisté sur la nécessité de prendre, quotidiennement, une vitamine empêchant les troubles neurologiques. Certes, leurs ressources vitales s'amenuisent mais je reste, moi, témoin ébahie par leurs sursauts d'énergie, par leur capacité de concentration lorsque l'instant l'exige.
Sources de liens affectifs, les sonneries des GSM de chacun surgissent au hasard des heures : parfois, elles les tirent de leur sommeil, parfois elles "tombent lors d'une entrevue avec un représentant des autorités (hier, c'était un représentant des Affaires étrangères qui venait faire des propositions - tous entamer une nouvelle procédure s'appuyant sur l'article 9.3. Les grévistes réaffirment leur demande d'obtenir l'asile politique. C'est encore l'impasse! ) Malgré cela, les appels téléphoniques leur apportent une nourriture pour le cœur.