Lautresite, le jour, 17 juin 03


Wilfried Martens III

18/05/80 22/10/80, coalition CVP/PSC - SP/PS - PVV-PLP




"Sur le plan international aussi, les motifs de préoccupation ne manquent pas. "



(...) C'est à un moment particulièrement difficile de l'histoire de notre pays que le gouvernement se présente devant vous. Nous devons faire face à la fois à une crise de confiance entre les Communautés et les Régions et à une crise économique qui se prolonge. Sur le plan international aussi, les motifs de préoccupation ne manquent pas. Le gouvernement ne sous-estime pas l'ampleur des difficultés auxquelles notre pays est confronté. Mais il est décidé à agir rapidement, avec cohésion et détermination, pour rétablir la confiance et remplir sa double tâche prioritaire : réformer les institutions et répondre aux grands défis de l'heure : création d'emplois, sauvegarde des acquis de la sécurité sociale, redressement de l'économie, maîtrise des finances publiques. En ce qui concerne la réforme de l'État, les négociations qui ont présidé à la formation du gouvernement ont fait apparaître rapidement qu'un large consensus existe entre les partis gouvernementaux sur les nouvelles structures politiques des Communautés flamande, francophone et germanophone ainsi que la région wallonne. En revanche, d'importantes divergences subsistent en ce qui concerne la solution de l'ensemble de la problématique bruxelloise. (...) Étant donné que le présent Parlement est constituant et qu'un large consensus existe sur les structures politiques, l'accord de gouvernement opte pour la réalisation d'une réforme définitive des institutions. Le gouvernement fera immédiatement des propositions à la Chambre et au Sénat, visant à revoir une dizaine d'articles de la Constitution, afin de créer le cadre constitutionnel pour la réforme envisagée. Celle-ci a pour but d'accorder aux entités régionales et communautaires une large autonomie pour les matières culturelles, personnalisables et régionales. (...) Dans un stade ultérieur, le gouvernement déposera également des propositions de révision de la Constitution et des projets de loi visant à réformer le Sénat. Au préalable, la répartition des compétences entre la Chambre et le Sénat devra cependant faire l'objet d'une discussion fondamentale au Parlement. (...) Sur le plan économique et social, la promotion de l'emploi et la lutte contre le chômage constituent la préoccupation prioritaire du gouvernement.


C'est dans ce cadre que le combat contre l'inflation prend toute sa signification, qu'il faut comprendre le souci de rétablir un climat d'investissement favorable, d'améliorer la capacité concurrentielle des entreprises, de maintenir un climat social sain et de restructurer l'appareil de production.(...) La politique spécifique de l'emploi devra être poursuivie et développée. La politique de l'emploi constitue d'ailleurs un des domaines les plus importants à soumettre à la concertation sociale à laquelle le gouvernement attache un grand prix et qui doit être reprise incessamment. Un important effort sera mené afin de rétablir progressivement l'équilibre de notre balance de paiements et d'assurer ainsi le maintien de la parité du franc belge, ce qui constitue un objectif essentiel du gouvernement. Cet effort suppose une réduction de la facture énergétique, une réorientation des dépenses intérieures, un meilleur équilibre de notre balance des services, une amélioration de nos performances à l'exportation et la maîtrise des finances publiques. (...) Réduire progressivement le déficit budgétaire courant afin de freiner ainsi d'une manière drastique l'augmentation de la dette publique, de réduire l'importance du recours des pouvoirs publics au marché des capitaux et de comprimer les taux d'intérêt élevés. (...) Sur le plan fiscal, le gouvernement a décidé d'octroyer certaines réductions d'impôt aux entreprises et aux personnes physiques. Déclaration inaugurale du troisième gouvernement Martens du 20 mai 1980 in les "Annales parlementaires".
Le gouvernement Martens III, bien que de courte durée (cinq mois seulement), parvint néanmoins, au cours de l'été 1980, à l'adoption d'une quatrième révision de la Constitution et au vote de deux importantes lois de réforme. Cette révision ne sera acquise que grâce à des appoints extérieurs à la majorité gouvernementale. Les changements apportés à la Constitution modifièrent la physionomie des Régions et des Communautés, étendirent et précisèrent les compétences des différentes entités. Le travail de révision demeurait cependant incomplet.