Lautresite, le jour, 17 juin 03

 



Tous arrivent au bout de la procédure pour se faire reconnaître. Sans résultat : pas de preuves suffisantes (comme si les persécuteurs laissaient des traces de leurs agissements) ou des contradictions dans les différentes interviews menées par les autorités belges (le candidat n'a pas le droit de se tromper ni de ne plus clairement se rappeler des faits intervenus dans sa vie remontant à plusieurs mois, voire à des années).
Ce combat dure pour ces réfugiés depuis trois ans pour certains, un an et demi pour d'autres. Ils répondent activement aux efforts d'intégration de notre société. La famille que je connais suit les cours de néerlandais à concurrence de 12 heures par semaine. Leurs filles utilisent leur détente du mercredi après-midi pour perfectionner leur connaissance de notre langue.
Aujourd'hui, douzième jour de grève de la faim, si leur résistance physique faiblit (et devient inquiétante pour certains) leur détermination reste intacte et leur union grandit. Oui : d'eux que je vois chaque jour, émerge un puissant sentiment d'unité et de solidarité. À l'heure où percent dans notre société des signes inquiétants de repli sur soi-même, leur démarche éclaire et fortifie la part humaine de chaque homme. Puissions-nous nous sentir concernés par leur appel.


Nicole Mazy, du comité de soutien aux 14 Iraniens demandeurs d'asile.
Attention : rassemblement et manifestation devant le Commissariat général aux Réfugiés, ce vendredi 20 juin à 11 heures.