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"La
récente contre-attaque de l'administration aux accusations selon
lesquelles certains collaborateurs du Président ont organisé,
ou tout au moins approuvé, la formation d'un réseau d'espionnage
et de désorganisation politique, consiste essentiellement à
dénoncer les journaux qui ont publié ces faits sans discuter
de ceux-ci explicitement. Cette stratégie repose sur une analyse
qui en dit long sur la manière dont l'administration juge les électeurs
et les journaux qui sont à leur service. Les deux conclusions de
cette analyse, si l'on en juge d'après de récentes conversations
avec les collaborateurs de M. Nixon, semblent être largement partagées
dans son cercle d'intimes. Premièrement, et pour l'instant, estime-t-on
à la Maison-Blanche, la plus grande partie de l'opinion publique
considère le complot comme une intrigue lointaine, une affaire
d'amateurs même, qui est bien éloignée du Bureau Ovale
; en conséquence, tout démenti ou même toute discussion
de ces accusations par la Maison-Blanche ne servirait qu'à leur
donner de l'éclat et du crédit. En second lieu, juge-t-on
à la Maison-Blanche, le public dont l'opinion a été
travaillée pendant trois ans par les discours du vice-président
Agnew, ne croit plus guère à la vérité de
ce qu'il lit ou écoute, et en particulier dans ce qu'il est convenu
d'appeler les médias de la classe dirigeante de la côte Est."
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"
Extrait d'un article de Robert B. Semple Jr. paru en 1972 dans le New
York Times in : C. Bernstein et B. Woodward, "Watergate : les fous
du Président, Robert Laffont", 1974, p. 194. Le 17 juin 1972,
commence l'histoire d'un mensonge républicain américain.
Cinq poseurs de micros étaient arrêtés dans les locaux
du quartier général du comité national du parti démocrate
établi à Watergate, un ensemble d'immeubles de luxe situé
sur les bords du Potomac à Washington. Grâce à des
révélations du Washington Post, les soupçons se porteront
rapidement vers le président Nixon, en campagne de réélection,
et vers son entourage. Le 29 août, au cours d'une conférence
de presse, le président déclarait que "personne de
son équipe ou de son administration actuellement en poste, n'est
impliqué dans cet incident très bizarre". Malgré
les dénégations, les obstructions, des tentatives de corruption
et une campagne de dénigrement tendant à jeter le discrédit
sur les accusations portées, Richard Nixon finira par reconnaître
son implication et donnera sa démission le neuf août 1974.
C'était il y a presque 30 ans et ça ne nous rappelle rien…
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