Lautresite, le jour, 17 juin 03
   

 
"La récente contre-attaque de l'administration aux accusations selon lesquelles certains collaborateurs du Président ont organisé, ou tout au moins approuvé, la formation d'un réseau d'espionnage et de désorganisation politique, consiste essentiellement à dénoncer les journaux qui ont publié ces faits sans discuter de ceux-ci explicitement. Cette stratégie repose sur une analyse qui en dit long sur la manière dont l'administration juge les électeurs et les journaux qui sont à leur service. Les deux conclusions de cette analyse, si l'on en juge d'après de récentes conversations avec les collaborateurs de M. Nixon, semblent être largement partagées dans son cercle d'intimes. Premièrement, et pour l'instant, estime-t-on à la Maison-Blanche, la plus grande partie de l'opinion publique considère le complot comme une intrigue lointaine, une affaire d'amateurs même, qui est bien éloignée du Bureau Ovale ; en conséquence, tout démenti ou même toute discussion de ces accusations par la Maison-Blanche ne servirait qu'à leur donner de l'éclat et du crédit. En second lieu, juge-t-on à la Maison-Blanche, le public dont l'opinion a été travaillée pendant trois ans par les discours du vice-président Agnew, ne croit plus guère à la vérité de ce qu'il lit ou écoute, et en particulier dans ce qu'il est convenu d'appeler les médias de la classe dirigeante de la côte Est."
" Extrait d'un article de Robert B. Semple Jr. paru en 1972 dans le New York Times in : C. Bernstein et B. Woodward, "Watergate : les fous du Président, Robert Laffont", 1974, p. 194. Le 17 juin 1972, commence l'histoire d'un mensonge républicain américain. Cinq poseurs de micros étaient arrêtés dans les locaux du quartier général du comité national du parti démocrate établi à Watergate, un ensemble d'immeubles de luxe situé sur les bords du Potomac à Washington. Grâce à des révélations du Washington Post, les soupçons se porteront rapidement vers le président Nixon, en campagne de réélection, et vers son entourage. Le 29 août, au cours d'une conférence de presse, le président déclarait que "personne de son équipe ou de son administration actuellement en poste, n'est impliqué dans cet incident très bizarre". Malgré les dénégations, les obstructions, des tentatives de corruption et une campagne de dénigrement tendant à jeter le discrédit sur les accusations portées, Richard Nixon finira par reconnaître son implication et donnera sa démission le neuf août 1974. C'était il y a presque 30 ans et ça ne nous rappelle rien…