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Ceci n'est pas une utopie, puisque le lieu est nommé. C'est une
affaire de géographie, de toponymie, un peu d'onomastique aussi.
C'est une façon de se déplacer dans le monde. C'est une
carte aveugle, un jeu de pistes, un parchemin trouvé.
Aujourd'hui : la rue Saint-Nicaise. Par Thierry Kübler.
Était-elle blonde, brune ou rousse ? Tous l'ignorent : de cette
jeune fille, on ne retint que le nom (Pensol), la profession (marchande
de quatre saisons) et l'âge (14 ans). Et de sa vie, l'on ne connaît
que les circonstances de sa mort : déchiquetée par une bombe,
un soir de Noël 1800.
Il est 20 heures, ce 3 nivôse, an IX (24 décembre 1800) au
Palais des Tuileries. Le premier consul Napoléon Bonaparte appareille
en trombe pour l’Opéra. À l’affiche : la Création
du monde, de Joseph Haydn. Belle métaphore pour le petit Corse
qui enterre l’ancien Régime et rêve d’une nouvelle
France, il se doit donc d'apparaître à la première.
Vapeur aux naseaux des chevaux et Joséphine qui n'est pas prête
; tant pis, elle prendra le suivant. Le carrosse démarre à
bride abattue.
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