Lautresite, le jour, 13 juin 03


Wilfried Martens I

03/04/79 16/01/80, coalition CVP/PSC - SP/PS - FDF




"Comment les Belges vont-ils s'organiser mieux pour vivre ensemble"



(...) Le gouvernement qui se présente devant vous doit faire face à un double défi : comment les Belges vont-ils s'organiser mieux pour vivre ensemble et comment vont-ils faire face à la crise économique ? La stabilité du gouvernement et le succès de son action dépendront notamment de sa capacité de réaliser avec le parlement la réforme de l'État et ainsi de restaurer la confiance entre les Communautés et les Régions de la Belgique. C'est la raison pour laquelle un volet important de l'accord gouvernemental est consacré à cette réforme. (...) de nombreux problèmes se présentent de façon différente selon les Communautés et les Régions. C'est pourquoi il est nécessaire de créer, par le biais d'une réforme équilibrée, les cadres institutionnels grâce auxquels l'État, les Communautés et les Régions pourraient assumer, de manière adéquate et efficace leurs propres responsabilités. (...) Le gouvernement proposera de réaliser à court terme une phase transitoire mais irréversible de la Réforme de l'État, par la modification d'un nombre restreint d'articles de la Constitution et par des dispositions légales qui appliqueront l'article 107quater et élargiront l'autonomie culturelle. (...) La restauration d'un climat général sain dans le domaine socioéconomique constitue une autre condition d'une politique efficace. Un pays où les citoyens ne font pas preuve de solidarité envers les moins favorisés, et qui ne stimule pas l'initiative, le goût du risque et la responsabilité, choisit l'appauvrissement à terme. En conséquence, le gouvernement estime devoir prendre l'initiative d'une large concertation globale associant les interlocuteurs sociaux à la mise en œuvre de la politique d'ensemble aujourd'hui indispensable. (...) Afin d'assurer à cette concertation l'ampleur et le caractère commun de l'effort à entreprendre, cette concertation devrait porter notamment sur les objectifs suivants :

- Réduction progressive du temps de travail, l'objectif général étant la réalisation, pour fin 1981, de la semaine de 36 heures.
- Recrutement de personnel supplémentaire dans le but d'augmenter de 3 p.c. d'ici fin 1981, le nombre d'emplois dans les entreprises.




- Amélioration de la rentabilité des entreprises par une réduction des charges supportées par les entreprises avec compensation par l'État.
- Compensation de l'impact de la réduction du temps de travail et du recrutement obligatoire sur les prix de revient par une modération salariale.

Le gouvernement prendrait simultanément des mesures afin d'amener les autres revenus à la même modération. (...) Comme le prévoit l'Accord gouvernemental, la politique de résorption du chômage sera poursuivie et une véritable politique industrielle de reconversion et de rénovation sera mise en œuvre. De même, les réformes concernant la politique énergétique et les secteurs financiers seront exécutées. Notre industrie devra créer de nouveaux produits pour de nouveaux marchés extérieurs. À cette fin, les efforts en matière de recherche scientifique et de promotion du commerce extérieur devront être intensifiés. La valorisation des atouts propres aux P.M.E. est une nécessité ; elle doit être amplifiée. (...) La démocratisation de l'économie sera poursuivie en ce compris sa dimension régionale. La politique de stabilité du franc belge et la lutte contre l'inflation seront menées avec toute la détermination et les moyens nécessaires. (...) Le budget de l'État doit être transformé en un instrument opérationnel et efficace de politique économique et sociale, centré en priorité sur la promotion de l'emploi et le redressement de notre économie. La pression fiscale globale ne sera pas alourdie et sera répartie plus équitablement. (...) La politique sociale du gouvernement visera en premier lieu l'amélioration du sort des moins favorisés de notre société. La politique de bien-être contribuera à garantir les chances maximales d'épanouissement et de participation de tous. (...) La politique étrangère doit s'intégrer davantage dans un ensemble européen. L'objectif ultime de notre politique européenne réside dans l'édification de structures fédérales favorisent l'épanouissement des peuples, des régions et des personnes. (...) La politique à l'égard du tiers-monde doit tenir compte de la nouvelle répartition internationale du travail.