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Il était
un homme, une fois, qui n'ayant plus faim, plus jamais faim, tant il avait
dévoré d'héritages, englouti d'aliments, appauvri
son prochain, trouva sa table vide, son lit désert, sa femme grosse,
et la terre mauvaise dans le champ de son cœur. N'ayant pas de tombeau
et se voulant en vie, n'ayant rien à donner et moins à recevoir,
les objets le fuyant, les bêtes lui mentant, il vola la famine et
s'en fit une assiette qui devint son miroir et sa propre déroute.
René Char, Le Masque funèbre, in "Commune présence",
Gallimard, 1978. Simplement parce que René Char, poète majuscule,
est né un 14 juin. |