| Léo
Tindemans I |
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(...) Le gouvernement est résolu
à situer les relations entre le pouvoir exécutif et le pouvoir
législatif dans un climat nouveau. La recherche de l'équilibre
entre ces deux pouvoirs est le problème de la démocratie
parlementaire. (...) Il appartient au Parlement d'exercer pleinement,
plus encore que dans le passé, sa fonction de contrôle. Par
contre, le pouvoir exécutif doit être prémuni contre
les abus éventuels. (...) Il est important de souligner qu'un large
assentiment semble se dessiner pour que soit immédiatement entreprise
la régionalisation. Le gouvernement s'adresse avec insistance à
tous les membres du Parlement qui voient dans cette solution un développement
heureux de nos problèmes institutionnels et communautaires, de
manière telle qu'en commun ils fassent un ultime effort pour éliminer
les dernières difficultés et approuvent rapidement par une
majorité qualifiée la loi sur la régionalisation.
(...) Le gouvernement veut avant tout contribuer à ce que l'avenir
apporte la grande réconciliation non seulement entre les peuples
en général mais surtout entre les communautés et
les régions dans notre propre pays et entre tous nos concitoyens..
(...) L'option fondamentale du gouvernement en matière de politique
socio-économique sera axée sur l'amélioration de
la qualité de la vie et sur la poursuite d'une croissance économique
judicieuse. Ces objectifs supposent, entre autres une priorité
pour les institutions de services collectifs dans le domaine de la santé,
de l'enseignement, de la culture, de la vie en plein air, de la protection
de l'environnement, du logement, des transports en commun, etc. Ainsi,
on réalisera en même temps une répartition plus équitable
de la prospérité. (...) La politique financière et
budgétaire du gouvernement prendra une place importante dans la
lutte contre l'inflation. (...) Le volume des dépenses courantes
doit se situer à un niveau compatible avec l'objectif d'équilibre
du budget ordinaire. (...) L'objectif doit être d'éviter
le recours à des financements monétaires, en ce compris
les emprunts extérieurs, qui apporteraient un aliment supplémentaire
aux pressions inflationnistes. (...) Le respect
de la personne humaine et de la vie restent dans notre société
d'aujourd'hui et de demain le fondement de la politique en matières
de problèmes éthiques. (...) |
La préparation
au mariage et à la vie familiale devra être mieux organisée
par un ensemble de mesures et d'initiatives et entre autres par une politique
plus active en matière d'éducation sexuelle et affective
(...) Le gouvernement introduira très rapidement au parlement un
projet de loi modifiant la législation sur la filiation et simplifiant
la législation sur l'adoption. (...) En outre, le gouvernement
prendra toutes les mesures adéquates pour soutenir financièrement,
moralement et socialement la mère de famille se trouvant en difficulté
ainsi que la mère isolée qu'il faut intégrer dans
la société. En ce qui concerne le problème de l'avortement,
le gouvernement propose de créer une Commission nationale, composée
de personnalités éminentes choisies dans les milieux scientifique,
judiciaire et politique. (...) Le gouvernement favorisera l'adoption de
projets de loi en matière de révision du droit de la famille.
(…) En résumé, le gouvernement poursuit, en la matière,
les objectifs ci-après : assurer une meilleure efficacité
de nos institutions par une répartition nette et rationnelle des
compétences (...) renforcer la responsabilité des pouvoirs
politiques aux différents niveaux (...) mettre les institutions
au service des citoyens : les dossiers doivent être traités
au niveau le plus proche des intéressés (...) L'unification
européenne traverse actuellement une crise grave. (...) C'est pourquoi
le gouvernement est convaincu que dans la conduite de sa politique étrangère
il doit consacrer le meilleur de ses efforts à rétablir
la confiance entre les partenaires européens. Dès lors l'unification
européenne ne doit pas seulement être au centre de la politique
étrangère de notre pays ; notre politique en la matière
doit donner une nouvelle espérance à ceux qui n'ont jamais
voulu renoncer à l'idéal européen. (...) Le gouvernement
sait que le rapprochement entre les peuples ne peut être réalisé
que sur la base d'un ordre international juste et équitable. Dans
cet ordre d'idées, il apportera son plein appui à toutes
les initiatives visant à créer un climat de sécurité
économique collective favorisant l'établissement de relations
politiques, économiques et humaines plus stables et dans lesquelles
les intérêts des pays en voie de développement soient
pris en considération. Déclaration inaugurale du
premier gouvernement Tindemans du 30 avril 1974 in les "Annales parlementaires". |
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