Lautresite, le jour, 3 juin 03

Edmond Leburton I
26/01/73 23/10/73, coalition socialiste, libérale et chrétienne



“notre volonté réelle est de rapprocher
les centres
de pouvoir
des citoyens ”


(...) Les peuples s'emploient à mettre fin à leurs conflits, à renforcer leurs solidarités et à développer entre eux des rapports nouveaux. Un accord de cessez-le-feu au Vietnam vient d'être signé et chacun se met à espérer qu'au plus long conflit de ce dernier quart de siècle, succède une paix véritable. D'autres espoirs naissent au moment où la Conférence d'Helsinki paraît pouvoir se tenir dans les meilleurs délais et aboutir à des résultats concrets et constructifs. Pendant vingt ans, la construction européenne s'est articulée autour des six États. On doit se réjouir de l'élargissement intervenu le 1er janvier, qui associe à présent à notre effort d'autres nations qui partagent notre héritage commun. Par ailleurs, les initiatives prises en faveur de la coopération au développement envers les pays du tiers monde, amènent les parlements et les gouvernements à engager des moyens humains financiers et techniques de plus en plus importants dans cette grande entreprise de solidarité.
(...) Le gouvernement voit dans ce contexte général de détente l'augure de la pacification et de la solidarité nouvelle qu'il doit organiser dans notre pays. (...) Le gouvernement vous propose avant tout un règlement de trois matières qui ont alimenté nos controverses : les problèmes communautaires, scolaires, et sociaux.
(...) Dans le message qu'il adressait à la nation en décembre dernier, S.M. le Roi soulignait le grand mouvement de régionalisation qui se dessine dans toute l'Europe. Nous entendons répondre à ce courant et notre volonté réelle est de rapprocher les centres de pouvoir des citoyens et d'associer plus étroitement les forces sociales à la conception des politiques, axées sur des thèmes régionaux concrets. Nous attendons du remodelage des institutions un meilleur équilibre entre les impératifs de la politique nationale et les légitimes préoccupations régionales. Les décisions fréquemment contestées quand elles émanent de l'autorité centrale devraient engendrer , dès lors qu'elles appartiennent aux régions, un climat communautaire serein. (...) En entrant résolument dans la voie de la régionalisation, il importe de redéfinir et de rationaliser les structures des différents pouvoirs en vue d'éviter les doubles emplois et les confusions.
Mais en cette matière comme en d'autres, il faut doser l'audace et la raison. Le changement doit s'appuyer sur une certaine continuité. (...) Nous voulons de nouvelles perspectives dans la paix scolaire. Nous n'ignorons pas l'objection la plus souvent formulée sur ce point de l'accord entre les partis de la majorité gouvernementale, à savoir que la paix serait acquise par une charge financière très lourde, sans vue d'ensemble et sans coordination suffisante. Que l'on se détrompe. Le gouvernement entend au contraire organiser une collaboration entre les divers réseaux, qui permettra une rationalisation et une programmation impérative dans les domaines où il est vrai qu'une concurrence débridée provoquerait des coûts sans cesse croissants et à la limite insupportables pour la communauté nationale. Nous entendons également encourager les expériences à caractère partiellement ou entièrement pluraliste. (...) Le gouvernement entend donner à sa politique sociale une orientation nouvelle.
(...) Le gouvernement alimentera par des dotations suffisantes le Fonds des constructions hospitalières et sociales. Il développera aussi les infrastructures destinées à l'accueil et à l'hébergement des jeunes enfants, à celui des personnes âgées et handicapées, de même que les infrastructures culturelles, et il mènera une politique active de rénovation urbaine et de logement social. (...) Dans le domaine des pensions, le gouvernement s'engage à prendre toutes les dispositions permettant aux travailleurs déjà admis à la retraite de bénéficier d'une revalorisation qui tienne compte du progrès économique général. Le gouvernement encouragera la réalisation d'un salaire minimum garanti pour les salariés. De même, il poursuivra le dialogue avec les représentants du Front commun des indépendants, tout en accélerant la programmation sociale prévue en leur faveur. Et il entend aussi accorder une attention particulière aux groupes marginaux et souvent oubliés. (...)

Déclaration inaugurale du premier gouvernement Leburton du 30 janvier 1973 in les "Annales parlementaires".