Lautresite, le jour, 21 mai 03
 

Ce que nous appelons lautresuite,
c'est ce que l'actualité
produit chaque jour de faits et d'événements
en lien avec l'exploration du mot "préfabriqué"
que nous menons depuis novembre 2001.

   

Lautresuite 21.05.03 (1) Jeudi dernier, s'est ouvert au Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPI) de La Haye, le procès de trois officiers supérieurs de l'armée bosno-serbe. Vidoje Blagojevic, Dragan Obrenovic et Dragan Jokic sont tous trois accusés pour leur participation présumée, en 1995, au massacre de plus de sept mille musulmans à Srebrenica. Ils ont été inculpés pour complicité de génocide et crimes contre l'humanité.


Lautresuite 21.05.03 (2) La Ligue des droits de l'Homme (LDH) a décidé de poursuivre Brigitte Bardot en justice pour les propos particulièrement violents tenus dans son dernier ouvrage "un cri dans le silence" à l'égard des étrangers. Brigitte Bardot y parle des sans papiers comme de "gueux qui profanent et prennent d'assaut nos églises pour les transformer en porcheries humaines". Le président de la LDH, Michel Tubiana, a déclaré que son organisation "demanderait une sanction exemplaire, car nous avons affaire à une multirécidiviste". Le MRAP devrait se joindre à cette plainte. Le président de la LDH, Michel Tubiana, a déclaré que son organisation "demanderait une sanction exemplaire, car nous avons affaire à une multirécidiviste". Le MRAP devrait se joindre à cette plainte.

  Lautresuite 21.05.03 (3) La police de la zone nord de Bruxelles a procédé, mercredi dernier à l'aube, à un contrôle d'identité entre la place de la Reine et la chaussée de Haecht. Cette opération, qui s'est soldée par l'arrestation de treize personnes sans papiers, visait principalement les travailleurs bulgares, nombreux dans ce quartier. Les clandestins se sont vu remettre un ordre de quitter le territoire par l'Office des étrangers.



Lautresuite 21.05.03 (4) Dans un rapport rendu public vendredi dernier, la Belgique a été vivement critiquée par le Comité des Nations unies contre la torture et les traitements inhumains et dégradants. En cause, la procédure d'asile et en particulier le caractère non suspensif des recours introduits par les étrangers faisant l'objet d'une mesure d'expulsion. Question pour laquelle la Belgique avait déjà été condamnée par la Cour des droits de l'homme de Strasbourg. Sont également critiqués la possibilité de prolonger indéfiniment la détention des étrangers en centres fermés, l'enfermement pour de longues périodes de mineurs non accompagnés ainsi que le fait de "lâcher" les demandeurs d'asile libérés par le tribunal dans la zone de transit de l'aéroport sans assistance et sans pouvoir la quitter.
  Lautresuite 21.05.03 (5) Sitôt parti, sitôt revenu. On se souvient, il y a quelques mois, du projet du gouvernement Raffarin de réformer l'aide médicale d'État (AME) qui vient en aide aux personnes ne pouvant bénéficier de la couverture médicale universelle, en particulier les étrangers sans papiers ou en attente de régularisation. Devant la levée de boucliers, le Premier ministre avait finalement retiré le texte. Une nouvelle circulaire, qui renforce rigoureusement les conditions d'accès à l'AME, vient néanmoins de sortir. Le préambule du nouveau texte annonce la couleur : "L'urgence médicale ne nécessite pas de prononcer une décision d'admission immédiate à l'AME (...). L'admission immédiate ne peut pas être prononcée tant que les conditions de résidence en France et de ressources notamment n'ont pas été vérifiées au vu de pièces justificatives". Les caisses d'assurance maladie devront désormais procéder à un interrogatoire précis, portant sur toutes les ressources "de façon à rendre impossible les non-dits". Ces informations seront ensuite soumises à une vérification poussée. La circulaire prévoit également la création d'un fichier national des demandes et des décisions et l'établissement de titres d'admission sécurisés "comportant la photographie du bénéficiaire et des personnes à charge lorsque le titre est collectif, propre à éviter les fraudes". Claude Moncorgé, président de Médecins du monde, considère ce décret comme un "non-sens absolu" en matière de santé publique. Il ajoute que "toute la logique de prévention est gommée". Les associations humanitaires ont
dans leur grande majorité la sensation d'avoir été grugées par l'État.