Lautresite, le jour, 20 mai 03
   


 
La chute de Srebrenica est pleine de leçons pour l'Organisation et pour ses États Membres – des leçons qui doivent être mises à profit si l'on veut que les peuples du monde continuent de placer leur confiance dans les Nations Unies. Cela s'applique tout particulièrement aux cas où les États Membres ne réussissent pas à se mettre d'accord sur une réponse commune à un conflit armé, ou n'ont pas la volonté de mettre en œuvre une action que beaucoup pourraient pourtant considérer comme appropriée. La première de ces leçons est qu'une opération de maintien de la paix déployée en lieu et place d'un accord politique n'a pas beaucoup de chances de réussir. Il y a encore un rôle à jouer pour le maintien de la paix —un rôle fort honorable dans un monde déchiré par les conflits —, et il y a même un rôle à jouer, dans certaines situations, pour les zones protégées et autres zones de sécurité; mais le maintien de la paix et la conduite de la guerre sont des activités distinctes et qui ne doivent pas être mêlées. Il faut faire en sorte que plus jamais les casques bleus ne soient déployés dans une situation où il n'y a ni cessez-le-feu ni accord de paix. Plus jamais il ne doit leur être demandé d'utiliser les outils du maintien de la paix — des militaires légèrement armés positionnés dans des endroits dispersés — pour imposer manu militari à un belligérant ou à un autre les velléités confuses de la communauté internationale.
Ne pas donner aux casques bleus les moyens nécessaires —et ne pas passer les jugements politiques, militaires et moraux indispensables — revient à leur imposer une mission impossible.. Extrait du rapport présenté par le Secrétaire général en application de la résolution 53/35 de l'Assemblée générale des Nations Unies : la chute de Srebrenica, 15 novembre 1999 (information trouvée sur unhchr.ch/Huridocda/Huridoca.nsf). L'Ituri, région située à l'Est du Congo, est, depuis 1999, le théâtre de très violents combats opposant les milices des ethnies Hemas et Lendu. Les attaques successives auraient déjà fait plus de cinquante mille morts et déplacé quelque cinq cent mille personnes. Ce week-end, Bunia, chef lieu de la région s'est transformée en champ de bataille. Une centaine de villageois auraient trouvé la mort. La Monuc (Mission de l'Organisation des Nations Unies pour la République démocratique du Congo), forte de six cents hommes, colonne vertébrale du maintien de l'ordre en ville, a été réduite à l'impuissance. Ses membres se seraient trouvés assiégés dans leurs propres bâtiments. Certains spécialistes parlent en Ituri d'un "potentiel de génocide".