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La
chute de Srebrenica est pleine de leçons pour l'Organisation
et pour ses États Membres – des leçons qui doivent
être mises à profit si l'on veut que les peuples du monde
continuent de placer leur confiance dans les Nations Unies. Cela s'applique
tout particulièrement aux cas où les États Membres
ne réussissent pas à se mettre d'accord sur une réponse
commune à un conflit armé, ou n'ont pas la volonté
de mettre en œuvre une action que beaucoup pourraient pourtant considérer
comme appropriée. La première de ces leçons est qu'une
opération de maintien de la paix déployée en lieu
et place d'un accord politique n'a pas beaucoup de chances de réussir.
Il y a encore un rôle à jouer pour le maintien de la paix
—un rôle fort honorable dans un monde déchiré
par les conflits —, et il y a même un rôle à
jouer, dans certaines situations, pour les zones protégées
et autres zones de sécurité; mais le maintien de la paix
et la conduite de la guerre sont des activités distinctes et qui
ne doivent pas être mêlées. Il faut faire en sorte
que plus jamais les casques bleus ne soient déployés dans
une situation où il n'y a ni cessez-le-feu ni accord de paix. Plus
jamais il ne doit leur être demandé d'utiliser les outils
du maintien de la paix — des militaires légèrement
armés positionnés dans des endroits dispersés —
pour imposer manu militari à un belligérant ou à
un autre les velléités confuses de la communauté
internationale. |
Ne
pas donner aux casques bleus les moyens nécessaires —et ne
pas passer les jugements politiques, militaires et moraux indispensables
— revient à leur imposer une mission impossible.. Extrait
du rapport présenté par le Secrétaire général
en application de la résolution 53/35 de l'Assemblée générale
des Nations Unies : la chute de Srebrenica, 15 novembre 1999 (information
trouvée sur unhchr.ch/Huridocda/Huridoca.nsf). L'Ituri, région
située à l'Est du Congo, est, depuis 1999, le théâtre
de très violents combats opposant les milices des ethnies Hemas
et Lendu. Les attaques successives auraient déjà fait plus
de cinquante mille morts et déplacé quelque cinq cent mille
personnes. Ce week-end, Bunia, chef lieu de la région s'est transformée
en champ de bataille. Une centaine de villageois auraient trouvé
la mort. La Monuc (Mission de l'Organisation des Nations Unies pour la
République démocratique du Congo), forte de six cents hommes,
colonne vertébrale du maintien de l'ordre en ville, a été
réduite à l'impuissance. Ses membres se seraient trouvés
assiégés dans leurs propres bâtiments. Certains spécialistes
parlent en Ituri d'un "potentiel de génocide". |