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En ce jour du lundi 19 mai 2003.
"Le passé vient trop tard (son heure est passée) et
l'avenir trop tôt (il n'est pas encore temps), à moins que
ce ne soit l'inverse : le passé vient toujours trop tôt (le
temps, la génération, n'est pas encore arrivé qui
entendra et reprendra l'héritage) et l'avenir, lui, vient toujours
trop tard (on le connaissait déjà sous d'autres versions).
Le présent n'est donc jamais actuel et ne saurait venir à
l'heure, soit qu'il ait un air de déjà-vu, soit
qu'il soit du jamais vu et qu'il ne soit pas reconnaissable comme
tel". Je prends cela chez Françoise Proust ("De la résistance",
Cerf), citée par Régine Robin ("La mémoire saturée",
Stock). C'était samedi, je sortais de la librairie et, de la même
façon qu'il y a quelques semaines j'avais emporté sans m'en
rendre compte deux livres néerlandais, j'ai fait cette fois l'acquisition
de deux livres canadiens : à cette "Mémoire saturée",
j'ai ajouté "Vers l'équilibre" de John Saul. Il
me faudra faire un jour le point sur cela : pourquoi j'achète toujours
deux livres, pourquoi ils ont souvent la même provenance. Mais enfin,
au bout d'une lecture croisée de bout en bout passionnante, je
cite cette phrase en exergue parce que nous sommes désormais lundi
(le présent) et qu'hier (le passé), les Belges votaient
pour composer un nouveau gouvernement fédéral (l'avenir).
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