Lautresite, le jour, 16 mai 03

 



Un petit chauve rigolard me chantait, Place du jeu de balle, les Marolles, quartier historiquement populaire, pour ne pas dire le plus économiquement impopulaire, des Bruxellois de Bruxelles, la méiose d’une langue nouvelle. On sait : le marollien est un mélange explosif, rauque, tissé de dérision, d’insultes succulentes, de flamand, de français, d’espagnol. Qu’il est ancien et vif. On sait : il y a du marollien flamand et francophone. Selon la proportion des mots de chaque langue. L’hybride des hybrides est marollien arabo-andalou. Hydrophobe. Choppophile. Doux mélange de flamand français espagnol arabe roumain polonais,... Cela accoucherait de : « Nhadinmouk ! je vais une fois te dire : as den oeil stoêt, dan zakt het verstand in de kluut ! Pardoniu hein, mamazelle, mais ça est comme ça et pas ailleurs ! nè ! » J’ai du mal à m’offusquer, en spectateur partisan, amateur acteur, du déploiement d’ailes poétique. Je me demande si les offusqués apôtres de pureté, traditions traditionnelles de toujours à jamais, se rendent compte qu’ils ne parlent pas comme Sigismond Néandertal ? Il semblerait, pour un monticule de Belges et pas seulement eux, les fondamentalistes, les oblitérés, malheureusement, l’idée d’"intégration" signifie "identification". Assimilation complète. Bien dégagé derrière les oreilles.

Qui comprend ce chemin qu’on parcourt à deux, pas forcément partis de côtés opposés et, qu’en un point inconnu dès le départ, l’on se rencontre, étonnés de se voir s’entendre, comme si on ne s’y attendait pas ?