Lautresite, le jour, 16 mai 03

 






À Vérone, une libraire, façade repeinte aux croix gammées grandeur plus que nature, explique : si elle dépose une plainte, ou efface les insupportables symboles, elle risque le feu, bris de vitrine, violences, groupes armés qui sillonnent la nuit. Des symboles extrêmement droits taggés sur des murailles, des enceintes, des castels, des demeures, des antiques cités et des théâtres de l’Italie boutiquière. Le forum, muet. L’agora ligueur.
Des amis italiens prononçaient l’anathème, leur départ au Brésil, « s’il passait ». On se disait : trop gros. L’homme nouveau ! Blanc. La cité nouvelle. Propre. La femme nouvelle. La sécurité. La mafia. L’enfant nouveau. Productivité. Ils verraient verrous et aliénations, tout ça, les gens sont pas cons. On comprendrait. Mussolini piétiné par la foule. Pendu par les chevilles. Nicolae balle dans le caisson, Helena. Les Croates, les Serbes. Les autres partis en lisse, affolés, planifient des discours inhibés. Mais toujours mieux qu’un clan vampire. La majorité a voté. Aime le héros. Le Cavalier. Son canasson. Sourire souriant qui rassure. Mes amis sont au Brésil. J’ai choisi de venir soutenir mes amis anversois. La cità nueva, on le voit bien, Silvio s’en pince. Ses affaires à régler. Les élections dans deux jours.