Lautresite, le jour, 14 mai 03
 

De temps
en temps,
quelques nouvelles des gens qui font lautresite.

Une manière de faire réseau, comme l'on dit.

Une façon, surtout, d'accélérer les rencontres.

 




Michel Gheude.
C'est un roman. C'est écrit après Mao. C'est cru et c'est à cru. C'est ce à quoi il a cru. Il y est question d'épuration éthique. Et ça n'y va pas avec le dos de la cuillère. On y parle d'une cellule et le livre lui-même est fait de tout petits barreaux : des phrases très courtes assenées par un derviche et tournoyantes comme lui. C'est lancinant, déroutant et tellement insupportable qu'on y reconnaît plein d'idées encore à l'œuvre aujourd'hui. On en frémit. Michel Gheude appelle un chat un chat et ce n'est pas parce qu'il ne connaît pas de synonymes. Il vient d'écrire une fable sur les années 70 qu'il a publiée, judicieusement, à "La Renaissance du Livre". C'est, effectivement, de l'écriture. " Le Catalogue de la Déroute" (2003, 271 pp, 19,75 euros). Michel Gheude, vice-président de Causes Communes, collabore régulièrement à lautresite.



 
 
Danis Tanovic. C'est à Cannes, ces jours-ci. Après avoir remporté plus de cinquante prix internationaux pour son film "No Man's Land", dont un Oscar, un César et un prix du scénario au festival de Cannes 2001, Danis sera cette année encore sur la Croisette, mais côté jury cette fois. Ça le changera sans doute un peu et lui permettra de varier les émotions. Danis termine, ces jours-ci, l'écriture du scénario de son deuxième long-métrage. Danis Tanovic a déposé son court-métrage "L'Aube" dans le Capharnaüm de lautresite.


Tristan Mendès France. Cela parle d'un homme libre en Argentine et pourtant condamné à perpétuité en France. Alfredo Astiz, que Tristan Mendès France traque dans son dernier livre, était surnommé "l'ange exterminateur", abonné à toutes les sales besognes de la dictature militaire, prêt à toutes les exactions et à toutes les bonnes justifications qui vont avec. En faisant, lors d'une interview et à la manière d'Aussaresses l'apologie de la torture, Astiz écopera néanmoins de trois mois de prison. Comme le notera le journal Pagina 12 : "Parler lui aura coûté plus cher que tuer". On retrouve dans ce livre la patience et la rage de l'enquêteur Mendès France lorsqu'il s'agit, comme pour "Docteur la Mort", comme pour "La Maladie n°9", de s'attaquer aux racines de l'inacceptable. "Gueule d'ange", Favre ( 2003, 128pp, 17 euros). Tristan Mendès France a coordonné le chapitre "Herero" dans l'exploration de lautresite.