Les gens me semblent farouchement renfermés. Timides. Sauf en
les conviant soi-même, l’on ne rencontre que peu de salutations,
de conversations essoufflées, de souriantes envolées.
À l’exception des enfants qui jouent à la rue, à
cache-cache, alentour, ceux qu’on croise chaque jour, à
qui l’on fait faire un tour sur le grand vélo. Est-ce du
mépris, le manque d’habitude, la peur, une façon
culturelle que je ne connais pas, ou que trop ? De l’indifférence
? Le temps alangui pour des rencontres en devenir ? On se parle surtout
entre « nationaux » ; les Belges aux Belges, les Marocains
aux Marocains, Turcs aux Turcs, Pakists aux Pakists, Polak à
Polak, etc. Ce voile est plus obscur que celui qui rend les beurettes
si jolies.
Moi, si j’allais au Cap-Vert, je ne voudrais pas voir de Belges
!
Devrait-on dire turkmenistanais ou gens du Turkmenistan ?
On décline des paquetages d’a priori.
Les « Autres ».
Mais les jeunes gens siffleront toujours à vue les grâces
des filles.
Le désir !
Les femmes paraissent moins embrigadées. Elles chaussent au vent
d’autres semelles plus passerelles, pas celles de la ségrégation.
Elles matent. Lorsque les maris ne pointent pas leurs oreilles. Serait-ce
dû aux attributs de mon sexe pas du tout opposé ?
Les carnets de Pierre Duys paraissent quotidiennement