Lautresite, le jour, 9 mai 03

 


Les gens me semblent farouchement renfermés. Timides. Sauf en les conviant soi-même, l’on ne rencontre que peu de salutations, de conversations essoufflées, de souriantes envolées. À l’exception des enfants qui jouent à la rue, à cache-cache, alentour, ceux qu’on croise chaque jour, à qui l’on fait faire un tour sur le grand vélo. Est-ce du mépris, le manque d’habitude, la peur, une façon culturelle que je ne connais pas, ou que trop ? De l’indifférence ? Le temps alangui pour des rencontres en devenir ? On se parle surtout entre « nationaux » ; les Belges aux Belges, les Marocains aux Marocains, Turcs aux Turcs, Pakists aux Pakists, Polak à Polak, etc. Ce voile est plus obscur que celui qui rend les beurettes si jolies.

Moi, si j’allais au Cap-Vert, je ne voudrais pas voir de Belges !
Devrait-on dire turkmenistanais ou gens du Turkmenistan ?
On décline des paquetages d’a priori.
Les « Autres ».
Mais les jeunes gens siffleront toujours à vue les grâces des filles.
Le désir !

Les femmes paraissent moins embrigadées. Elles chaussent au vent d’autres semelles plus passerelles, pas celles de la ségrégation. Elles matent. Lorsque les maris ne pointent pas leurs oreilles. Serait-ce dû aux attributs de mon sexe pas du tout opposé ?


Les carnets de Pierre Duys paraissent quotidiennement