Dans la presse néerlandophone aujourd’hui, l’on se
demande s’il faut dire « Irakis », « Irakezen
», ou « Irakiërs ». On ne se demande pas ce qu’on
ferait avec 500 millions de $, pour la paix, contre l’ignorance.
Les francophones se hiérarchisent sur les antennes : il y a ceux
qui disent « bagdadis », les autres « bagdadiens ».
Peu de tags. Lieux réglementés. Faire ici, pas ailleurs.
Très peu de graphes. Les murs muets d’un peuple aveugle
? Aucun tract. Sauf la propagande marchande. Pas d’apostrophes,
d’homme à homme. Plurivocité nulle. Qui va à
la rencontre ? Hors-cadre. À l’impossibilité de
faire, les « créateurs » avouent qu’ils n’y
croient pas. S’agit-il de croire ? À quoi ne croient-ils
pas ? À l’avènement d’un parti fasciste ?
À la politique ? En dehors de l’idéologie ? Du clanisme
? Ici on dit « particratie ».
Une rue, à Borgerhout, s’appelle « Kroonstraat »
(rue de la Couronne). Sur une palissade, en face, quelqu’un a
écrit, en Français, « rue de la République
».
Les enfants jouent ensemble dans les rues des quartiers populaires,
les cours des écoles. En grandissant, on leur apprend la discrimination.
Les filles sont « rapprochées », premier choix, des
garçons de « leur » communauté. (Remarquer
qu’on ne dit plus « race »). Entre garçons
et filles, « les relations mixtes », la plupart auront à
choisir entre leur famille et leurs amours éclectiques.