Lautresite, le jour, 9 mai 03

 


Dans la presse néerlandophone aujourd’hui, l’on se demande s’il faut dire « Irakis », « Irakezen », ou « Irakiërs ». On ne se demande pas ce qu’on ferait avec 500 millions de $, pour la paix, contre l’ignorance. Les francophones se hiérarchisent sur les antennes : il y a ceux qui disent « bagdadis », les autres « bagdadiens ».

Peu de tags. Lieux réglementés. Faire ici, pas ailleurs. Très peu de graphes. Les murs muets d’un peuple aveugle ? Aucun tract. Sauf la propagande marchande. Pas d’apostrophes, d’homme à homme. Plurivocité nulle. Qui va à la rencontre ? Hors-cadre. À l’impossibilité de faire, les « créateurs » avouent qu’ils n’y croient pas. S’agit-il de croire ? À quoi ne croient-ils pas ? À l’avènement d’un parti fasciste ? À la politique ? En dehors de l’idéologie ? Du clanisme ? Ici on dit « particratie ».

Une rue, à Borgerhout, s’appelle « Kroonstraat » (rue de la Couronne). Sur une palissade, en face, quelqu’un a écrit, en Français, « rue de la République ».

Les enfants jouent ensemble dans les rues des quartiers populaires, les cours des écoles. En grandissant, on leur apprend la discrimination. Les filles sont « rapprochées », premier choix, des garçons de « leur » communauté. (Remarquer qu’on ne dit plus « race »). Entre garçons et filles, « les relations mixtes », la plupart auront à choisir entre leur famille et leurs amours éclectiques.