Lautresite, le jour, 9 mai 03







Les


dauphins


ivres




Il habite Antwerpen, enfin il réside à Anvers.
Anvers est cette ville de Belgique dont on peut croire qu'elle sera peut-être bien le centre des élections législatives du 18 mai prochain.
Il y a toutes sortes d'extrémistes là-bas et des élus locaux qui font des fariboles.
Pierre Duys fait cela, d'accompagner une campagne en contournant les arbres et les forêts.
Ses carnets seront publiés quotidiennement, d'ici à ce que nous sachions vraiment quoi faire d'Anvers, à la fin. Par Pierre Duys
 










Episode 3

S’occupe-t-on d’autres choses que de commerce ? De culture ? « Vivante » ? Anvers a la réputation de « capitale culturelle ». Plantin, Moretus, Jordaens et Rubens, boulonnés aux socles séculaires de trottoirs et de places fécondes en boutiques de chichis, de bibelots, de snacks, de restos, de froufrous, de friteries, de nombreuses friteries, d’innombrables frites assaisonnées à toutes les sauces de l’univers connu, d’ustensiles de Toutou, suffisent-ils, à eux seuls, à élever Antwerpen à la hauteur de « Capitale Culturelle Européenne » ? La question est de taille. Il faut dire que les Anversois, ils se nomment « de souche », ronflent. Souvent à l’unisson. La nuit, la cité gonfle. Les gorges se déploient. Les terrasses se hérissent sous des paravents publicitaires vantant de la bière, le café, la mayonnaise, la frite, l’alcool. À la craie, sur un écriteau de bois, on lit: ici, vraiment le meilleur tournedos.

(En Flamand : « ronfel als één nijlpaard », ronfler comme un cheval du Nil, ronfler comme un hippopotame).