Lautresite, le jour, 8 mai 03

 


Par exemple, lorsqu’on croise quelqu’un dans la rue, qu’on sente son regard sur soi, si l’on détourne la tête pour la/le regarder, à de rares exceptions – qu’il convient de cultiver – le regard fuit, se détourne au contact esquissé. Mes sens me disent : peur. Sont-ils si conditionnés ? Attitude provinciale ? Pouf pouf, Moi Je viens de la Capitale.

Quoiqu’il en soit des gens vivent ici qui sont nés ailleurs, de villes plus modestes. De provinces villageoises. Ils ont l’impression d’être arrivés dans une métropole importante, osons dire mondiale. Ce qui, en soit, n’est pas faux. Mais la ville n’est pas grande. Le bout de terre lové sur un méandre du fleuve, que les anversois appellent Het Stad (La Ville, comme l’Unique), Antwerpen, A’pen, n’est pas vaste. On en fait le tour en trois quarts d’heure, à pied. Mais si l’on admet la périphérie des quartiers situés par-delà « de Singel » (la Ceinture), Anvers est une cité de taille où l’on s’active à fabriquer de la richesse, à transborder des richesses, à confectionner le pain de ceux qui fabriquent la richesse, des parures pour celles qui marient ceux qui fabriquent la richesse, des sceptres pour ceux qui prient pour la sainte richesse, les pauvres, et tous les agréments qu’octroit la richesse.

La télévision flamande est fière d’annoncer que les Flandres, ex-aequo avec un département danois, mais surtout les Flandres, sont la région la plus riche d’Europe.


Les carnets de Pierre Duys paraissent quotidiennement