Gare, un. Souvenons-nous,
sur les questions de transport et de mobilité qui occupent les
esprits, que ce fut un 5 mai, en 1835, que fut inaugurée la première
ligne de chemin de fer belge. Elle reliait Bruxelles à Malines,
sur une distance de 23 kilomètres. C'est donc un 5 mai que le
ministre libéral Charles Roger se déplaça dans
ce qui était la première gare belge et bruxelloise, "L'Allée
verte", proche d'un réseau de communication de canaux, ceux
de Charleroi et de Willebroek, et de routes dessinées par Léopold
II, traçant leur perspective vers le cœur de Bruxelles.
Charles Rogier donna son nom à une place du centre de la ville,
toute proche de la Gare du Nord, puis à un immeuble tour construit
là en 1958 à l'occasion de l'Exposition universelle. Cette
tour abritera, au fil des ans, le siège du parti libéral,
alors encore national, ainsi que les bureaux de la British Airways.
Appelée aussi tour Martini et lieu d'implantation du Théâtre
national, elle sera condamnée à la destruction en 2001.
L'allée verte, quant à elle, cédera vite le pas
aux trois gares phares du réseau ferroviaire bruxellois : la
gare du Midi, la gare centrale et la gare du Nord, reliées par
de vastes souterrains qui ont durablement bouleversé le paysage
de la ville.
Gare, deux.
Le 10 mai prochain, en la gare du Nord de Bruxelles, le forum social
européen tiendra colloque sur l'Europe forteresse. La criminalisation
des étrangers illégaux, des sans papiers comme de réfugiés
sera au centre de cette journée où interviendront notamment
Mateo Alaluf et Isabelle Stengers. La veille, au Palais de Justice de
Bruxelles, aura eu lieu une nouvelle audience dans l'affaire de Semira
Adamu, étouffée à l'aide d'un coussin lors de son
expulsion forcée par avion.