Lautresite, le jour, 28 avril 03









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Ceci n'est pas une utopie, puisque le lieu est nommé. C'est une affaire de géographie, de toponymie, un peu d'onomastique aussi. C'est une façon de se déplacer dans le monde. C'est une carte aveugle, un jeu de pistes, un parchemin trouvé.
Aujourd'hui : l'hôpital Cochin. Par Thierry Kübler.





Comme tous les jours, ça hurle et ça gueule au pavillon des admissions de l'hôpital Cochin. Ça gémit aussi dans un coin : douleur, fatigue et colère ruissèlent rouge sur sa chemise d'Évariste. Un duel, pour une mauvaise raison ; quelques grammes de plomb pour une bonne femme : "Je meurs victime d'une infâme coquette. C'est dans un misérable cancan que s'éteint ma vie.". Puis, à son frère Albert accouru : "Ne pleure pas, j'ai besoin de tout mon courage pour mourir à 20 ans.". Quand même, ce 31 mai 1832, le printemps a une sale gueule à l'Hôpital Cochin.
Trop d'urgence à vivre, Évariste Galois, et cette intraitable fierté qui crée la révolte. Après un premier prix au Concours général, il envoie une communication à l'Académie des Sciences. Manuscrit égaré, pas de réponse. Tentant une seconde fois l'entrée à l'école Polytechnique, il jette le chiffon de craie à la face d'un examinateur : ses questions lui sont par trop évidentes, jusque l'exaspération. Recalé. Ce sera donc l'École préparatoire, la future Normale Sup qu'abrite alors le Lycée Louis-le-Grand. Des professeurs le poussent à présenter ses recherches au Grand Prix de mathématiques de l' Académie des Sciences, mais le hasard joue un drôle de jeu avec le jeune homme : Fourrier, le secrétaire perpétuel (!) de l'Académie meurt avant d'examiner son travail. Re-belote, ce nouveau manuscrit d'Évariste Galois est perdu…