Lautresite, le jour, 23 avril 03

 

 


Le bruit d’une plainte nocturne s’élève,
S’échappant des petites portes de leurs cœurs.
Je parle des colombes de la maison,
qui,
derrière les grillages métalliques,
cousent ensemble le soir et le point du jour,
ou plutôt,
le soir et le matin de tous les jours.
Chuchotant, tête baissée, non pas une fois, ni cent fois,
mais mille ou cent mille fois, elles répètent la même chose,
elles récitent un poème,
une fable qui parle d’un long tissu noué.
Le bruit d’une plainte nocturne s’élève du fond de leur gorge
Comme du fond d’un puits à moitié couvert.
Comme si leur “ rou-rou ” montait de leur âme sans force,
Ou plutôt,
Comme si, par peur d’éveiller les chacals,
Il s’élevait faible, assourdi, blessé, épuisé.
 
"Le bruit", de Iraj Bazrgari, lecteur, traduit du persan avec Geneviève Petit. "Ceux qui me connaissent (mes parents, mes amis, etc…), disent que je suis très (parfois trop) franc, et très direct, mais j'arrive à rester poli et doux en même temps. Je dois avouer que c'est vrai. D'origine iranienne (pays de très grands poètes), je suis en France depuis 1997 ; je prépare une thèse en linguistique sur la phonétique et la prosodie de ma langue maternelle : le persan".