Lautresite, le jour, 18 avril 03



 
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Discours du général George Marshall à l'université de Harvard sur le "European Recovery Program", le 5 juin 1947. "La vérité, c'est que les besoins de l'Europe en produits alimentaires et autres produits essentiels, provenant essentiellement de l'Amérique, dépasseront à ce point sa capacité de paiement, au cours des trois ou quatre années à venir, qu'elle a besoin d'une aide supplémentaire importante si on veut lui éviter de graves troubles économiques, sociaux et politiques. En dehors des effets démoralisants sur le monde en général et des risques de troubles résultant du désespoir des peuples en cause, les conséquences sur l'économie américaine sont claires pour tous. Il est logique que les États-Unis fassent tout ce qui est en leur pouvoir pour favoriser le retour du monde à une santé économique normale sans laquelle il ne peut y avoir ni stabilité politique ni paix assurée.

 
Notre politique n'est dirigée contre aucun pays, ni doctrine, mais contre la faim, la pauvreté, le désespoir et le chaos. Son but devrait être le rétablissement d'une économie mondiale saine de façon à permettre le retour à des conditions politiques et sociales dans lesquelles peuvent exister des institutions libres. (...) Tout gouvernement qui consent à nous aider dans la tâche de renaissance trouvera, j'en suis sûr, une coopération complète de la part du gouvernement américain. Tout gouvernement qui manœuvre pour arrêter la renaissance d'autres pays ne peut attendre d'aide de notre part. De plus, les gouvernements, partis politiques ou groupements qui cherchent à perpétuer la misère humaine pour en profiter politiquement ou autrement rencontreront l'opposition des Etats-Unis. (...) Il ne serait ni convenable ni efficace de notre part de mettre en application unilatéralement un programme destiné à remettre l'Europe sur ses pieds, économiquement.
 
C'est l'affaire des Européens. L'initiative, à mon avis, doit en effet venir d'Europe. Le rôle de notre pays devrait consister à aider les Européens à élaborer un tel programme, et ensuite à l'appliquer, dans la mesure où nous pouvons le faire. Le programme devrait être agréé par la majorité sinon la totalité des nations européennes. Avec des précautions, et l'acceptation, de la part de notre peuple, des vastes responsabilités que l'histoire nous a déléguées, les difficultés que j'ai rappelées peuvent et doivent être surmontées."
Le dix mars dernier, l'agence gouvernementale pour le développement internationale, USAID, a lancé discrètement "un appel d'offres" d'un montant de neuf cents millions pour la reconstruction de l'Irak.





















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