Lautresite, le jour, 18 avril 03


     
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Syrie. "La prison de Tadmour est l'emblème de la répression la plus féroce contre les prisonniers d'opinion. Les conditions de détention y sont extrêmement difficiles, à la limite de la survie. Au milieu du désert, soumise à des températures glaciales l'hiver et caniculaires l'été, la prison est située sous terre. Les prisonniers y sont conduits par mesure punitive. (...) L'usage de la torture est systématique lors du placement en détention. Les interrogatoires se caractérisent par leur extrême violence, facilitée par la détention au secret (le détenu ne peut voir ni un avocat, ni un médecin, ni sa famille). Le détenu est généralement laissé dans une cellule isolée, plusieurs jours, privé de sommeil, parfois de nourriture et d'eau. L'accusé doit reconnaître les chefs d'inculpation portés contre lui.

 
Dans une deuxième phase, la torture proprement dite commence : quarante types de sévices ont été recensés. (...) En plus des tortures qui y sont pratiquées, ces centres de détention se caractérisent par des conditions d'hygiène lamentables : les prisonniers ne sont autorisés à aller aux toilettes qu'une ou deux fois par jour et à ne se doucher à l'eau froide qu'une fois par semaine, les cellules sont jonchées d'ordures, les détenus ne sortent jamais à la lumière, le linge n'est pas lavé, etc. La nourriture de mauvaise qualité et en petite quantité est la cause d'infections (ulcères, insuffisance rénale, maladies chroniques dues à l'affaiblissement du système immunitaire, etc.). Le manque de chauffage et l'humidité provoquent de nombreux cas de tuberculose (105 à Tadmour).
 
Certains prisonniers souffrent également de troubles psychologiques, aboutissant parfois à la folie, qui peut être irréversible, et à des crises d'hystérie, en raison de l'intensité des tortures subies. (...) De nombreux témoignages d'anciens détenus soulignent que, dans les autres prisons où les conditions sont déjà éprouvantes, les gardiens menacent les détenus rebelles d'un transfert à Tadmour. Sa simple évocation suscite une véritable terreur chez les prisonniers."
In Reporters sans frontières, "Des journalistes torturés en Syrie", Rapports Moyen-Orient, 01/03/99. La prison militaire de Tadmour, en plein désert de Palmyre, abriterait environ cinq mille détenus. On estime actuellement à trente-six le nombre de prisons en Syrie où sont détenus des prisonniers politiques.





















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