Lautresite, le jour, 17 avril 03
 

Première station: Nantes

On a beaucoup entendu parler de Nantes depuis le début de la vente, et juste avant la ville a annoncé son intention de s'engager pleinement dans celle-ci en donnant une liste d'œuvres qu'elle souhaitait acquérir...
On ne peut pas imaginer que ce soit innocent, et même si l'on déplore la dispersion de l'ensemble du 42 rue Fontaine disséminé dans plusieurs villes (Reims, Paris, Marseille, etc.) et plusieurs institutions (bibliothèque Doucet, centre Pompidou, musée de l'Homme, etc.), on se dit qu'il serait assez plaisant de voir la "province" adresser un beau pied de nez à la capitale, qui n'a pas été capable de prendre ses responsabilités dans cette triste affaire, en créant un lieu dédié à Breton pour accueillir un ensemble sur le "grand atelier surréaliste", définitivement disparu.
Serge Velay, que nous remercions chaleureusement pour son soutien et son engagement toutes ces semaines, a obtenu quelques précisions de l'adjoint à la Culture de Nantes, Yannick Guin : "La position de principe qu'ils ont adoptée a été la suivante : puisque l'ensemble est voué à la dispersion, il faut sauver le maximum de pièces compatibles avec notre fonds existant.



La Bibliothèque de Nantes a donc enlevé 50 lots des 100 lots pour lesquels elle avait manifesté son intérêt. Le choix des pièces s'est fait en accord avec Doucet, sur la base de la complémentarité, et en vue d'un "usage" commun par le biais de prêts réciproques. Principalement pour les "historiques" : Peret, Vaché (Originaux des Lettres de guerre), Claude Cain. Des éditions originales de Gracq, Breton, etc. Et un important dossier Max Ernst. Guin n'a pas su me préciser s'il y a dans le paquet le manuscrit de La Confession dédaigneuse. Ils doivent faire une conférence de presse vendredi prochain pour rendre publiques les acquisitions. La liste complète me sera communiquée." On se rappelera ce passage de Nadja où Breton écrit de Nantes qu´elle est "peut-être avec Paris la seule ville de France où j'ai l'impression que peut m'arriver quelque chose qui vaut la peine... où un esprit d'aventure au-delà de toutes les aventures habite les êtres". Alors aujourd´hui, pour clore notre propre action, on a envie de poser une question au maire de Nantes, Jean-Marc Ayrault : comment accueillerez-vous la haute figure de Breton dans votre ville demain ?