Lautresite, le jour, 16 avril 03
 

Ce que nous appelons lautresuite,
c'est ce que l'actualité
produit chaque jour de faits et d'événements
en lien avec l'exploration du mot
"préfabriqué"
que nous menons depuis novembre 2001.

   

Lautresuite 16.04.03 (1) Les préfectures et tribunaux français se divisent sur le sort à réserver, en période de guerre en Irak, aux Kurdes en situation irrégulière. À Bordeaux, le juge des libertés et de la détention (JLD) avait prolongé, le sept avril dernier, la rétention administrative de quatre Kurdes en situation irrégulière. Le tribunal avait aussi rejeté, pour trois d'entre eux, les demandes d'annulation des arrêtés de reconduite à la frontière. Le même jour à Lyon, le tribunal administratif avait jugé "illégale" la décision prise par le préfet du Rhône d'expulser un Kurde de vingt-neuf ans, père de deux enfants nés en France, vers la Turquie. Les magistrats avaient estimé que son renvoi en Turquie l'exposait "à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales". La Cimade, la Ligue des droits de l'homme et le syndicat de la magistrature, ont demandé un réexamen des dossiers concernant des Kurdes à la lueur des événements internationaux et ont fait valoir que certaines préfectures, comme celle de l'Hérault, avaient suspendu les mesures de reconduites visant ces personnes. Nicolas Sarkozy, de passage à Lyon le vendredi quatre avril, s'était déclaré opposé à ce type de mesure, déclarant néanmoins que la France "n'expulserait pas les Kurdes en danger".

  Lautresuite 16.04.03 (2) Depuis une quinzaine de jours, trente-trois Kurdes observent à Fontaine (banlieue de Grenoble - Isère) une grève de la faim pour réclamer leur régularisation. Venant des quatre coins de France, certains auraient déposé des demandes d'asile dans plusieurs préfectures.

Lautresuite 16.04.03 (3) "Nous ne voulons pas que par les échecs de l'intégration, on développe un communautarisme qui entraîne un certain nombre de dérives pouvant conduire à des caricatures de religion, à un repli sur soi ou à un cloisonnement de la société française". Ce sont les mots prononcés par le Premier ministre français, Jean-Pierre Raffarin, à l'occasion du comité interministériel sur l'intégration, jeudi dernier. François Fillon, le ministre en charge des Affaires sociales y a présenté le cœur du dispositif : le "contrat d'accueil et d'intégration". Ce pacte est conclu entre les nouveaux arrivants légaux et l'État français. Il sera d'une durée d'un an et renouvelable une fois. La France s'y engage à fournir "des prestations d'accueil de qualité". En contrepartie, les immigrés doivent s'engager à "respecter les valeurs fondamentales de la République" et le cas échéant à suivre un apprentissage du français. Le non respect de ce contrat pourra conduire, après un premier bilan, à d'éventuelles sanctions pour l'immigré.
  Diverses mesures ont été présentées pour encourager l'ascenseur social et "dynamiser l'accès à l'emploi des immigrants". Parmi ces propositions, il y a le parrainage de vingt-cinq mille jeunes issus de l'immigration par des bénévoles connaissant le monde de l'entreprise et la création dans les ZEP (zones d'éducation prioritaire) de centres de préparation aux concours de la fonction publique. Sont également prévues dans les écoles des actions d'information sur l'égalité homme/femme et la construction d'un musée à la "Ellis Island" (New York) qui rappellera l'apport de l'immigration à la société française.

Lautresuite 16.04.03 (4) L'état de santé de certains sans papiers en grève de la faim inquiète. C'était particulièrement le cas de six Algériens et d'un Ivoirien qui ont cessé de s'alimenter pendant quarante-deux jours. Un médecin de Saint-Denis (Région parisienne) parlait, mercredi neuf avril, de pertes de poids de plus de quinze pour cent, de fonte musculaire accompagnée d'insomnies ainsi que d'états anxieux. La préfecture de Seine-Saint-Denis avait indiqué avoir noué le contact avec les grévistes. Ils ont finalement cessé leur grève, jeudi dernier, contre la promesse d'un réexamen de leurs dossiers.