Lautresite, le jour, 14 avril 03









Sacrée vigueur le Père Duchêne, en 1793 son journal allumait déjà les passions : un "enragé", Hébert, lui prêtait sa plume. Soixante-huit ans plus tard, le Père Duchêne reprend du service pour la Commune de Paris; Vermersch, un poète, lui offre sa verve. Foutre, foutre ! Dans un numéro spécial, le bon Père Duchêne jubile sur la chute de la colonne, on va pouvoir fondre le monument à la gloire de l'empereur qui nous a mis dans la moutarde et en faire des sous pour les vrais patriotes. De quoi, des bourgeois regimbent ? Pas étonnants, ils n'ont qu'une patrie : l'argent. Au tas, les profiteurs ! Et que ces bougresses de cagotes dans leurs boîtes à messes cessent de piailler. Au bloc les calotins ! Et de deux ! Foutre, foutre, nous voulons une grande fédération universelle. Égalité entre tous les hommes ! Plus de tyrannie, à cul les exploiteurs !
Simpliste, le Père Duchêne ? Diable, non. Derrière l'invective drolatique, de fines analyses sur le code Napoléon; sous la faconde, un vrai projet politique. Et, tout comme Courbet peint chatte une chatte, le Père Duchêne appelle un chat un chat. Droit au but ! De la gaillardise ! De la générosité ! Et que cela exulte, nom de Dieu ! Qu'en prennent de la graine tous les petits crevés noircissant des lignes en direct de leurs nombrils branchouillés ! Et les pisse vinaigre tiède, pisse copies glacée à ergoter sur la taille de leur crête ! Reviens Père Duchêne…

T K
La série de Thierry Kübler paraît de façon hebdomadaire.