Lautresite, le jour, 3 avril 03





Nous avons roulé en silence pendant un long moment, Gaëlle est aujourd'hui encore une amie.Pour finir avec Versailles, je me revois, après de nombreuses heures d'attente, une fois ou c'était pire que les autres fois parce qu'il n'y avait plus de photocopieur dans la Préfecture et qu'il fallait aller au centre ville. Et que ces dames aux guichets avaient TOUJOURS besoin de la photocopie d'un document auquel vous n'aviez pas pensé. Juste celui-là. Bref, au bout de cinq heures et dix cafés, j'ai réussi à avoir une carte de séjours qui ne serait valable que 4 mois puisque c'est la date de la demande qui rentre en compte, faite huit mois avant. Au moment où ce monsieur au nez rougi, rasé de près, à lunettes et gilet de laine me tend mon passeport sur lequel depuis quelque temps ils collent le titre de séjour (un peu comme un visa, qu'on n'aille pas s'imaginer avoir une carte et s'installer) il me souffle depuis son hygiaphone:
"Alors mademoiselle, c'était pas sans peine d'avoir ses papiers ? Hein ?. Je ne sais plus aujourd'hui ce que j'ai répondu, mais j'ai encore le sentiment d'avoir répondu à coté, d'avoir pas eu de répartie. En partant, je me souvins que je devais demander les pièces à fournir pour une carte de dix ans, j'hésitai un instant ; à la réception on me dit de m'adresser au bureaux des étrangers - connais : voyant que ce monsieur était occupé je m'adressai au guichet voisin. La femme n'entendait pas ce que je demandais ou ne comprenait pas, elle me faisait répéter, deux, trois, quatre fois de suite pour finir par me dire : "Il me semble que c'est avec le monsieur que vous avez eu affaire, c'est donc à lui que vous devez vous adresser". OK. Tenace, j'attends.
— Encore vous ? Il hurle à nouveau
— Juste une minute, je voudrais connaître les pièces à fournir pour une carte de dix ans.
— Dans votre cas, il faut écrire au Préfet et une minute c'est déjà trop, je voudrai vous voir disparaître dans la seconde.
Je ne sais plus rien, après la seule chose qui reste c'est l'ensemble des personnels derrière les guichets qui se gaussent, non vraiment je n'invente rien, ils rient. Ça les fait rire… aux éclats. Une fois de plus, je ne sais pas ce que j'ai répondu, ça n'a pas d'importance, je crois. Je fus anéantie quand voulant faire un courrier au chef de service, j'appris que c'était lui. Aujourd'hui, j'ai même oublié son nom.

A suivre...