Lautresite, le jour, 1er avril 03
   
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Le bon Dieu est mon droit
Peut-être aussi mon gauche
Dit le Marine qui voit
La balle qui le fauche

C'est une bien belle guerre que celle du Président
C'est bon qu'on y pratique le psaume et le cantique
Car le Livre est disert et ce désert biblique
Jeûnons, prions, c'est l'heure. De notre testament

Car les hommes sont petits
Et le ciel est immense
Mais ce que je vous dis
N'est pas ce que je pense


(Sotie n°1 du 1er avril 2003, jour où les journaux sont remplis de réactions au vote du Congrès américain décrétant une journée nationale de jeûne et de prières pour attirer sur les Etats-Unis la miséricorde de Dieu)










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"Un homme travaille au champ avec son boeuf. C’est un honnête pionnier du Wisconsin qui peine à nourrir sa femme et sa famille. Un jour, un orage se déchaîne et la foudre tue son unique bœuf.
- Mais pourquoi moi ? s'écrie le paysan en s’adressant à Dieu. Que T’ai-je fait ? Pourquoi m’as-Tu frappé ? Ne suis-je pas assez misérable ?
Dieu ne lui répond pas.
Le temps passe... Le paysan, de plus en plus appauvri, va travailler seul, de ses mains fatiguées. Sa femme, de temps à autre, vient l’aider. Elle lui apporte une maigre nourriture. Un autre orage bouleverse le ciel, la foudre perce les nuages et tue la femme.
Le paysan se tord les mains de désespoir et crie, les yeux au ciel :
- Mais pourquoi ? Que T’ai-je encore fait ? Je suis très pauvre et très pieux ! Pourquoi as-Tu frappé ma femme ? Réponds-moi ! Que T’ai-je fait ?
Alors les nuages sombres s’entrouvrent, une immense lumière apparaît et la voix de Dieu dit:
- À moi rien. Mais de temps en temps tu m’énerves."

Cité par Jean Claude Carrière dans "le Cercle des menteurs", Plon 1998