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En ce jour du vendredi 28 mars 2003. La scansion du temps
nous ayant valablement occupés ces derniers mois —
on se rappellera que nous sommes allés de date butoir en
date butoir dans un cheminement lancinant vers la guerre, jusqu'au
décompte final de l'ultimatum qui l'autorisa — il n'est
pas surprenant que l'on s'inquiète de la durée du
conflit. Nous qui ne sommes pas stratèges, mais simplement
comptables du temps que nous passons ici à préparer
nos bagages, voudrions savoir combien d'heures, si l'on ose dire,
il nous reste à tirer. Cela ne s'appelle pas de l'impatience.
Cela dit tout juste que nous n'avons pas envie de vivre dans du
temps arrêté. Oh oui, nous faisons bien quelques avancées
vers le quotidien, quelques percées vers le trivial et l'on
se souvient de temps en temps que les parlements votent, que les
patrons licencient et que les usines explosent. Mais en même
temps, nous savons que nous ressemblons à ces avions des
compagnies aériennes : presque cloués au sol, en réduction
d'activités, déjà en capilotade; mais vers
qui pouvons-nous nous tourner pour éponger nos déficits
conjoncturellement moraux, voilà la question.
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