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En ce jour du jeudi 27 mars 2003. Parlons donc un peu
de la couleur. On savait déjà que la terre est bleue
comme une orange. On apprend maintenant que la guerre est rouge.
Rouge comme quoi d'ailleurs ? Comme la fumée noire du pétrole
à quoi l'on boute le feu ? Comme le fanion blanc dans la
main d'un soldat mort ? Comme les images vertes des mitraillades
nocturnes ? Non, rouge comme une tempête de sable. Les couleurs
de la guerre d'Irak composent un drapeau qui n'appartient à
personne, qui ne s'accommode d'aucun hymne et qui ne connaît
pas encore ses frontières. Ce sont les couleurs primaires
de notre siècle. Parlons aussi des marchés. On s'aperçoit
que durant les guerres, à Sarajevo comme à Bagdad,
les gens font leur marché. Markale (100 morts?) ou Chaab
(14 morts?), on n'évite jamais la question du marché.
D'ordinaire, dans une guerre, le marché aussi a une couleur
: il est noir. Un missile change cela. Le marché, d'un coup,
égale la liberté. De circuler, de se nourrir, de communiquer.
Le marché est central quand les objectifs stratégiques
sont périphériques, les Pdg pourraient expliquer cela
aux généraux. Il y a un bel article dans un quotidien
du pays, aujourd'hui — dans la Libre Belgique, ce nom reste
curieux tout de même — qui parle de ceux qui marchent.
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