p 92. En ce jour, l'éditorial.
p 94. Lautresuite
En ce jour du jeudi 27 mars 2003. Parlons donc un peu de la couleur. On savait déjà que la terre est bleue comme une orange. On apprend maintenant que la guerre est rouge. Rouge comme quoi d'ailleurs ? Comme la fumée noire du pétrole à quoi l'on boute le feu ? Comme le fanion blanc dans la main d'un soldat mort ? Comme les images vertes des mitraillades nocturnes ? Non, rouge comme une tempête de sable. Les couleurs de la guerre d'Irak composent un drapeau qui n'appartient à personne, qui ne s'accommode d'aucun hymne et qui ne connaît pas encore ses frontières. Ce sont les couleurs primaires de notre siècle. Parlons aussi des marchés. On s'aperçoit que durant les guerres, à Sarajevo comme à Bagdad, les gens font leur marché. Markale (100 morts?) ou Chaab (14 morts?), on n'évite jamais la question du marché. D'ordinaire, dans une guerre, le marché aussi a une couleur : il est noir. Un missile change cela. Le marché, d'un coup, égale la liberté. De circuler, de se nourrir, de communiquer. Le marché est central quand les objectifs stratégiques sont périphériques, les Pdg pourraient expliquer cela aux généraux. Il y a un bel article dans un quotidien du pays, aujourd'hui — dans la Libre Belgique, ce nom reste curieux tout de même — qui parle de ceux qui marchent.
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