En ce jour du lundi 24 mars 2003. La tortue et la pistache : pardon pour cette gaminerie, mais on n'est malgré tout pas aussi vulgaire que les commentateurs agréés du président. On n'a pas, ici, parié sur la mort blanche, on n'a pas pronostiqué le temps court, on n'a pas roulé des mécaniques pour s'embourber avec après. On n'a pas non plus joué sur les mots : on n'a pas dit "choc et effroi" d'abord pour parler de "contournement et tâtonnement" ensuite. Bref, l'on fera en sorte qu'au moins la plume ne dérape pas et l'on s'en servira comme d'une courte devise. On s'en tiendra aux vieilles bêtises de cours de récréation, c'est tout ce que nous savons faire. Et, par les temps qui viennent, c'est déjà beaucoup. Pour les éditoriaux et les analyses, on s'en remettra à ses quotidiens habituels. Le moment est revenu de lire beaucoup, de lire des gros livres, des volumes en série, de manger des bibliothèques. Je dis cela parce que, dans la prose télévisée que nous ingurgitons aujourd'hui, la longue interview de Edward Saïd sur TV5 donnait tout à coup à croire que nous n'étions pas obligés, non, de nous en remettre à ce sentiment urgentiste d'immédiateté par quoi sont guidées nos humeurs.
69