L'observatoire des populismes Européens.
France : psychose sécuritaire à Sens (18/03/03)
La ville de Sens et sa population n'ont qu'à bien se tenir, Marie-Louise Fort (UMP), la maire de la ville y veille. Élue, en mars 2001, sur un programme exclusivement sécuritaire, Madame Fort entretient un climat de psychose. Les Senonais sont "en danger" et les coupables tout désignés : les "voyous", les "zozos" des quartiers difficiles. Après avoir promulgué un arrêté interdisant l'errance des chats, des chiens, des clochards et des mineurs, elle a déployé vingt-six policiers municipaux - contre cinq sous le précédent maire communiste - et recruté des "correspondants de nuit" chargés de veiller sur le sommeil des quartiers. Un numéro d'appel d'urgence disponible vingt-quatre heures sur vingt-quatre a même récemment été mis en place. La ville de Sens, qui compte vingt-huit mille habitants, n'est pourtant pas une banlieue parisienne agitée. Son taux de délit de 11,41% la place même dans la moyenne nationale. Ce climat d'insécurité, savamment entretenu, profite aussi à l'extrême droite. Aux dernières élections présidentielles, Jean-Marie Le Pen a dépassé à Sens son score nationale avec 18.75% pour une moyenne nationale de 16.86%.
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