© Roy lichtenstein
Cela ennuyait terriblement Hans-Adam qui n'en pouvait plus d'"être un prince de parade", quelque chose comme Monsieur Carnaval. Depuis dimanche, il peut révoquer les gouvernements sans justification, limoger des ministres sans explication, bloquer les lois votées par le Parlement et nommer les juges : en vérité, Hans-Adam vient surtout de dissoudre le peuple. Il avait menacé de partir en exil (à Vienne, pays voisin, on y va en vélo) si les élections lui étaient défavorables. Le Conseil de l'Europe s'était ému de cette situation, parlant d'un "sérieux retour en arrière". Mais le prince n'en a eu cure. Il a cinquante-huit ans et entend bien terminer sa vie en monarque absolu avec ses gens, ses châteaux et ses usuriers qui font tourner la planche à billets de la principauté. Ce tyranneau en loden vient de ramener un pays au Moyen âge. Il y a déjà eu des fous dans ce coin-là d'Europe et déjà l'on redoute les hordes de réfugiés venant en colonnes du Liechtenstein nous réclamer asile. Hans-Adam ? Hans-Adam ? Il est amusant ce nom, prononcé à l'allemande, langue du pays. Ça rappelle quelque chose. Vous avez quarante-huit heures pour deviner quoi.
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