p 46. En ce jour, l'éditorial.
p 48. L'observatoire des dérives populistes
En ce jour du mardi 18 mars 2003. Voilà un type qui n'a pas été élu, il est pourtant le chef d'État d'un coin de terre colonisé comptant parmi les plus riches du monde. Il rappelle à l'envi que son père, avant lui, "avait déjà dû se battre". Il répète sans arrêt que "qui n'est pas pour lui est contre lui" et a réussi à diviser durablement sa communauté nationale. Il souhaite imposer ses règles aux institutions et contrôler l'ensemble du processus décisionnel. Les instances internationales ont marqué leur désaccord avec ses méthodes. Mais il s'en moque. Ce qu'il veut, c'est obtenir une hégémonie totale et entière. Pour cela, il a fixé un ultimatum et a proféré pas mal de menaces. Tous les observateurs s'accordent sur un point : "cette crise va laisser des traces profondes". Mais voilà, pour autant qu'on puisse en juger, cet homme est parvenu à ses fins. Dimanche dernier, 64, 3 % des électeurs du Liechtenstein ont, en effet, donné les pleins pouvoirs au prince Hans-Adam II. Il y a 22.000 habitants au Liechtenstein et une famille royale. Ailleurs, partout ailleurs, ce prince serait un maire. Mais voilà, la ville de Vaduz a un prince qui ne veut plus faire l'enfant. La monarchie, dans le pays, était traditionnellement décorative.
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