Lautresuite 14.03.03 (2) Les Ivoiriens expulsés récemment par charter commencent à raconter les conditions dans lesquelles s'est déroulé leur renvoi vers l'Afrique. Contactés par "Le Monde", ils témoignent des méthodes particulièrement brutales utilisées par la police aux frontières (PAF). Tous gardent, en tout cas, un souvenir particulièrement cauchemardesque de leur séjour dans la zone d'attente de l'aéroport de Roissy. Certains prétendent ne pas avoir eu la possibilité de se laver, d'aller aux toilettes ou de manger pendant plusieurs jours. D'autres parlent de l'organisation, chaque nuit, dans la zone d'attente d'un appel. Lors de leur renvoi, les expulsés auraient été mis nus et soumis à des fouilles approfondies. Ils auraient été menottés, entravés aux chevilles et aux jambes par du scotch et transportés tels "des cadavres" dans l'avion. Les personnes se débattant auraient été baîllonnées et battues ; certaines auraient même reçu des injections de calmant. Toutes ces brutalités auraient été accompagnées d'insultes. Le ministère de l'Intérieur a vivement démenti ces témoignages.
Selon la direction centrale de la police aux frontières (DCPAF) "il n'y a eu aucun acte de violence lors de cet embarquement, juste la coercition nécessaire".

Lautresuite 14.03.03 (3) Il y a une quinzaine de jours, Carlos Barrientos, frère de Ricardo Barrientos, Argentin d'une cinquantaine d'année décédé le trente décembre dernier au cours de son expulsion par la police, est arrivé en France. Venu assister à l'enterrement administratif de son frère, Carlos Barrientos est également présent pour faire la lumière sur la mort de son frère. Ses avocats ont déposé plainte pour "coups mortels". Rappelons que l'institut médico-légal avait conclu à un infarctus et que le juge, estimant la mort naturelle, avait classé l'affaire. Les avocats constatent "que Ricardo est mort à huis clos et que l'enquête s'est, elle aussi, déroulée à huis clos". Ils s'interrogent également sur le fait qu'aucun des passagers du vol Air France, présents lors du décès de leur client, n'a été interrogé pas plus que les hôtesses et les stewards.
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