© Victor Hugo
Ce qui est normalisé ici, ce n'est pas l'extrême droite mais la présence de l'extrême droite. On me répliquera que les Pays-Bas s'en sont tirés, eux. Mais c'est faire aussi comme si Fortuyn avait vécu. Alors oui, continuons de nouer l'aiguillette du Vlaams Blok : pour un parti qui n'a pas droit au chapitre, on l'entend tout de même beaucoup. Le "cordon sanitaire", par exemple, ne s'applique pas aux médias. Le Blok est de toutes les émissions, il est télévisuellement correct. C'est bien assez. Aussi bien, on s'étonne tout de même que dans la place forte d'Anvers, là où les scores du Vlaams Blok sont historiquement les plus hauts, les élus locaux s'amusent à leur renvoyer la pelote. Le secrétaire communal tombe pour corruption, des échevins (des adjoints au maire pour nos amis d'outre Quiévrain) pourraient suivre, on demande la démission de la bourgmestre socialiste, Léona Detiège. C'est peut-être un coup fourré, une machinerie pré-électorale : on le souhaite, on s'agenouillerait même pour cela. Pour cette ficelle un peu grosse ne soit pas hélas aussi une corde dans une maison de pendus.
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