En ce jour du mercredi 12 mars 2003. Revenons à ce qui détricote. Vingt-huit intellectuels flamands ont donc signé un appel afin que l'on dénoue l'aiguillette du Vlaams Blok. Pour nos amis d'outre Quiévrain, précisons que ce parti d'extrême droite — présent uniquement en Flandre et à Bruxelles mais qui atteignait pourtant, au total fédéral, 9,9% des voix lors des dernières élections de 1999 — fait l'objet de ce que l'on appelle ici un "cordon sanitaire", c'est-à-dire que les partis démocratiques s'entendent pour le garder à distance de toute zone de pouvoir. Les vingt-huit souhaitent que l'on arrête de diaboliser le Blok et qu'on lui donne enfin la chance de s'empêtrer dans la réalité de la politique : entendez, en flamand dans le texte, qu'il se dissolve dans l'acide démocratique. Nous nommerons cela, ici, le pari d'Hindenburg. Certains, dans l'histoire, ont cru en effet qu'il fallait embrasser pour tuer. Mais que la maladie puisse l'emporter sur la prophylaxie, à cela ils n'avaient pas pensé. On ne parle plus de l'Autriche, par exemple, on s'émeut beaucoup moins du retour du FPÖ, on peut aller skier en Carinthie, on sent même pointer une certaine lassitude chez les artistes autrichiens, constantes vigies jusque là, ô combien.
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