Dry port Dunkerke
Je pourrais fort bien penser à l'Irak, à Chirac, au veto, aux Roms délogés, aux Maliens embarqués, mais non voilà que je reviens avec Arcelor. Il y a quelques semaines, lors de l'annonce des licenciements — les masses aujourd'hui ne sont plus laborieuses, elles sont licenciées —, le pdg Guy Dollé nous expliquait que les choix patronaux et financiers de la métallurgie, désormais, s'effectueraient en faveur des "sites maritimes" plus aisément rentables, car si l'homme libre toujours chérira la mer, le petit actionnaire la trouvera toujours moins chère. Alors voilà que ces ports desquels s'approche Arcelor dégazent aujourd'hui leurs dockers. Ils sont dans les rues d'Europe ces jours-ci et seront demain totalement libéralisés, c'est-à-dire rendus au marché. Les ports qui n'avaient déjà plus de marins n'auront non plus de dockers, ces hommes de charge qui restent à quai et jamais n'embarquent. L'on délocalise là où l'on désemploie : pour un trader, le cercle est sans doute vertueux. Mais nous, on voit bien que ce massif donne sur un désert. Massifions, massifions, il n'en restera bientôt plus rien.
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