Nous n'avions pas pensé que la guerre de religions se
ferait entre nous, nous avions tort. À peser les risques,
nous trouvons décidément l'administration américaine
plus pondéreuse du point de vue de la dangerosité
que l'entourage assassin de Saddam Hussein. Voilà où
nous en sommes. Oh, nous n'y sommes pas arrivés tous seuls,
on nous y a pas mal aidés, mais c'est bien ce que j'appelle
une crise de civilisation. En étant opposés à
cette guerre, nous jugeons que ce qui est le plus dangereux pour
l'homme, ce n'est pas la mort d'hommes mais la mort de l'idée
de l'homme. C'est, en fait, cela que nous retenons du président
Bush : que nous nous sommes trompés, ce n'est pas Dieu qui
est mort mais l'homme qui agonise. Nous n'en voulons pas aux Américains
d'être américains, nous n'en voulons même plus
à George Bush d'être mal ou peu élu, nous en
voulons à Rumsfeld, Ashcroft, Blair ou Bush encore, d'être
des croyants propagandistes, prosélytes et prédicateurs.
Et de nous avoir volé la démocratie et la politique
pour les remettre dans les mains de Dieu. C'est le monde selon Wasp,
un monde d'enfants dans le dos.
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