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En ce jour du mardi 25 fevrier 2003. Prenons garde à
nos dos car on nous y fait des enfants. Tiens, les Turcs : on les
saluait ici même récemment. J'apprends aujourd'hui
qu'ils souhaiteraient, à la faveur de la guerre prochaine,
envahir le Kurdistan irakien. Évidemment, cela donne un certain
relief aux tractations financières avec les USA en même
temps qu'à la position belgo-française à l'OTAN.
Décidons donc déjà que l'on ne saura rien et
que l'on apprendra peu. Soyons alors conséquents et retirons-nous
des antichambres qui sont des endroits dangereux pour la vertu.
Passer son temps à le perdre pour décider si cette
guerre est pétrolière ou séoudienne ou préservative
ou coloniale ou ceci ou cela devient, dans l'état actuel
de notre non savoir, une gabegie intellectuelle. Comment se fait-il
alors que, sachant que nous savons si peu, nous soyons pourtant
tellement convaincus que cette guerre ne doit pas se faire ? Dans
ces pages, ce n'est pas même l'idée de guerre que nous
récusons : nous avons pour cela trop longtemps sillonné
la Bosnie. Alors quoi ? Aujourd'hui, il se fait que nous trouvons
plus supportable un dictateur probablement muni d'armes chimiques
qu'un président américain qui oppose au monde une
vision fondamentaliste.
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