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En ce jour du vendredi 21 fevrier 2003. La main qui
serre la main qui serre la main de Robert Mugabé, cette main-là
c'est la nôtre. Calculer l'empan de sa pogne — c'est-à-dire
la distance qui sépare, paume ouverte et doigts écartés,
le pouce de l'auriculaire — devient un exercice salutaire,
ces temps-ci. Jacques Chirac, par exemple, c'est Dominique de Villepin
au Nations-Unies mais c'est aussi la loi de sécurité
intérieure de Nicolas Sarkozy. Devons-nous nous rendre aux
arguments du second quand nous endossons le discours du premier
? Bien entendu que non. Le prix de la liberté de pensée
ne donne jamais lieu à du rabais. Dire deux choses à
la fois, quitte parfois à côtoyer le lapsus, c'est
un désir incontinent, une pulsion, une charge, une façon
d'érotiser le politique. Prenons la Turquie. Elle est, avec
la Pologne, le meilleur cheval de Troie de George Bush en Europe.
Sur son intégration, nous avons vécu un "dissensus".
Louis Michel n'égalait pas Valéry Guiscard d'Estaing.
Sur sa protection, nous avons opposé la résistance
du temps et du principe. Louis Michel, encore, épaulait de
Villepin. Il eut été logique que la Turquie se précipitât
dans les bras américains.
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