Car Papa emmenait dans ses bagages de faux instrumentistes,
auxquels il faisait payer le transport au prix fort. Les allers-retours,
la circulation donc, sont destinés aux élites, et
exclusivement à elles. On n'ouvre pas les frontières
à l'homme du commun réputé sans talent quand
seul le brio fait visa. C'est une faute car on ne sait jamais ce
que devient un homme. De temps en temps, on devrait parier sur les
hommes. Sinon, ils finissent par truquer et l'on se retrouve comme
au bonneteau. La mauvaise pioche, pour rester dans la musique politique,
c'est aussi, après les colonies, l'autre question belge de
l'extrême droite flamande. Voilà qu'une chanteuse du
groupe Urban Trad, qui représentera la Belgique à
l'Eurovision, est suspectée d'être une militante extrémiste,
presque néo nazie. Cette année, ce sont les francophones
qui délèguent leurs représentants au concours
et le choix s'est porté sur un groupe celtisant chantant
dans une langue imaginaire. On voit tout de suite l'embrouillamini
que l'on soit obligé d'exclure une chanteuse flamande d'un
groupe francophone qui chante en volapuk. Vous pensez chasser la
politique, elle vous chante son petit refrain.
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